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11 novembre : France et Turquie ont commémoré l’armistice main dans la main

Ce matin ont eu lieu les cérémonies de commémoration des anciens combattants morts pour la France à Istanbul, en présence de nombreuses personnalités diplomatiques, militaires, mais aussi religieuses. La France et la Turquie se sont montrées très proches, insistant sur la paix et le respect mutuel qui unit les deux pays.

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Son Excellence M. Charles Fries, Ambassadeur de France en Turquie et Mme Muriel Domenach, Consul général de France à Istanbul.

Des histoires différentes mais une même volonté de commémorer les soldats morts lors de la Première Guerre mondiale et de transmettre la mémoire aux jeunes générations. C’est ainsi que la France et la Turquie ont souhaité marquer ce 11 novembre. Et peu importe si la Turquie a signé son armistice le 30 octobre 1918, et non le 11 novembre.

La délégation, menée par Son Excellence M. Charles Fries, Ambassadeur de France en Turquie, Muriel Domenach, Consul général de France à Istanbul, ainsi que des représentants de différents pays, notamment la Turquie, l’Angleterre et la Belgique, s’est d’abord rendue au cimetière français des Combattants musulmans des deux guerres à Topkapı. L’iman Osman Gökrem y a prononcé la fatiha, la sourate d’ouverture du Coran, côte-à-côte avec Frère Eleuthère, prêtre de la paroisse catholique de Saint-Louis. Puis le cortège s’est déplacé au cimetière catholique latin de Feriköy, où le frère Eleuthère a à son tour prononcé une prière. Dans chaque lieu de recueillement, une minute de silence a été observé et des gerbes de fleurs ont été déposées.

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L’imam Osman Gökrem, côte-à-côte avec Frère Eleuthère, prêtre de la paroisse catholique de Saint-Louis.

Au cours de la cérémonie au cimetière catholique latin, S. E. M. A. Charles Fries a énoncé un discours, revenant sur la nécessité du devoir de mémoire. Il a tenu à « rappeler le sacrifice qui a marqué toutes nos familles, dont la longue liste de victimes s’égrène sur les monuments aux morts de tous nos villages. Les morts pour la France sont désormais réunis dans le souvenir et dans l’hommage de notre pays. Ne pas les oublier et transmettre le message aux jeunes générations est notre devoir, notre responsabilité collective car la paix est l’affaire de tous. »

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Discours de Son Excellence M. Charles Fries, Ambassadeur de France en Turquie.

Monsieur l’Ambassadeur a notamment tenu à remercier tout particulièrement les élèves des lycées francophones : « Sachez que la paix demande des efforts partagés et continuels, car elle est difficile à atteindre et fragile à maintenir. Demain la paix aura besoin de votre enthousiasme de votre intelligence de votre générosité pour inventer un monde meilleur », a-t-il dit.

Enfin, les deux hymnes nationaux ont retenti, « La Marseillaise » ainsi que l’« İstiklâl Marşı » (la « Marche de l’indépendance »), unissant encore un peu plus les deux peuples, décidés à célébrer la paix et l’amitié en cet anniversaire d’armistice.

De retour au Palais de France, S. E. M. A. Charles Fries a tenu à accueillir chacun et a rappelé l’importance de ce rassemblement. Il y a 100 ans, France et Empire ottoman étaient en effet tous deux impliqués dans le conflit mondial qui fera des millions de morts. L’année 1915 fut d’ailleurs la plus meurtrière de toutes, a-t-il redit. Se réjouissant malgré tout de la participation toujours plus importante des citoyens de tous pays à ces commémorations, il a insisté sur les deux « missions » de la France en ce 11 novembre : à la fois le recueillement et la transmission de la mémoire aux nouvelles générations, afin qu’une telle tragédie ne se répète plus. Il y a deux manières de raviver le souvenir, a-t-il dit : les cérémonies de commémorations, comme en ce jour, ou alors les projets d’exposition, dans les musées ou centres culturels, tels que l’exposition « Çanakkale 1915 » au musée İş Bankası ou encore l’exposition photographique « La grande guerre dans les grandes lignes » proposée par le lycée Notre-Dame de Sion.

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Élève de première du lycée Pierre Loti, récitant le poème « La rose et le réséda » de Louis Aragon, 1943.

Pour terminer la rencontre, ce sont les élèves du lycée Pierre Loti qui ont pris la parole et ont ému l’assemblée avec leur sélection de poèmes, chants, discours et textes en proses, déclamés et chantés en langues turque, française et anglaise. Pour que la France et la Turquie n’oublient jamais…

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Gerbes déposées par Monsieur l’Ambassadeur de France en Turquie, Madame le Consul général de France à Istanbul, Monsieur le Consul général de Belgique en Turquie, et Monsieur le Vice Consul général de Grande-Bretagne en Turquie.

Kheira Djouhri & Noémie Allart

Photos : Kheira Djouhri

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