International, Société

11 octobre, Journée internationale de la fille : quel bilan ?

Pour la quatrième année consécutive, le monde célébrait ce 11 octobre la Journée internationale de la fille. Cette journée instaurée par les Nations-unies (ONU) « promeut les droits fondamentaux des filles, met en évidence les inégalités de genre qui subsistent entre filles et garçons, et combat les différentes formes de discrimination et d’abus dont souffrent les filles dans le monde entier », selon la description des Nations-unies.

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Cette initiative, à l’origine de l’ONG Plan international, qui mène une campagne internationale en ce sens depuis 2007, n’a fait l’objet d’une résolution de l’ONU qu’en 2012. Après avoir porté sur les filles dans la petite enfance en 2014, le thème de cette année était « Le pouvoir des adolescentes à l’horizon 2030 ».

Cette année marquant la moitié du processus entamé en 2000, l’ONU a examiné les progrès réalisés dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et a fixé des objectifs à atteindre d’ici 2030. Pour le reste de la communauté internationale et les diverses associations et ONG mobilisées sur ce sujet, c’est l’occasion de rappeler pourquoi ce jour a malheureusement tout son sens et à quel point il est essentiel de prendre conscience des difficultés rencontrées par les enfants, particulièrement les filles, pour se faire une place dans la société et voir ses droits fondamentaux respectés.

Dix chiffres clés

Rappelons quelques chiffres donnés par le fond des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’ONG Plan International :

– Près d’un quart des filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde (soit environ 70 millions) rapportent être victimes d’une forme de violence physique depuis l’âge de 15 ans.

– Environ 1 fille de moins de 20 ans sur 10 (près de 120 millions) a subi des rapports sexuels forcés ou d’autres actes sexuels forcés.

– 1 adolescente sur 3 âgée de 15 à 19 ans qui a été mariée (soit 84 millions) a été victime de violences psychologiques, physiques ou sexuelles perpétrées par son mari ou son partenaire.

– Dans certains pays, jusqu’à 7 filles sur 10 âgées de 15 à 19 ans ont été victimes de violence physique et/ou sexuelle n’ont jamais demandé d’aide. Beaucoup d’entre elles expliquent qu’elles n’ont pas considéré cette violence comme telle.

– Actuellement, plus de 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leur 18ème anniversaire et plus d’1 sur 3 s’est mariée avant l’âge de 15 ans.

– 11,3 millions de filles âgées de 5 à 17 ans sont actuellement esclaves domestiques dans le monde.

– Et enfin, 62 millions de filles restent privées d’éducation, soit 1 fille sur 5 dans le monde.

« Le mariage des enfants entraîne souvent l’arrêt de la scolarité pour les filles. Dans les communautés où la pratique est répandue, épouser une fille lorsqu’elle est encore une enfant fait partie des normes et des attitudes sociales qui reflètent le peu de valeurs accordé aux droits des filles », affirme Anju Malhotra, de la section Genre et Droits de l’UNICEF.

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L’éducation, arme suprême

Pour tenter de faire avancer les choses, l’éducation est une arme essentielle. Au cœur de nombreuses campagnes comme celle lancée par Michelle Obama cette année avec le hashtag #62milliongirls, l’éducation des filles a particulièrement été mise à l’honneur depuis la création de cette journée et encore plus depuis que Malala Yousafzai, cette jeune Pakistanaise connue internationalement pour s’être opposée à l’interdiction des Talibans et son combat pour l’éducation des filles puissent s’instruire, a reçu le Prix Nobel de la Paix.

Pour faire face à ce fléau, l’UNICEF a donc engagé depuis plusieurs années un travail de fond en partenariat avec les gouvernements, la société civile et les agences, ou encore les programmes des Nations-unies. Il s’agit de parvenir à activer divers leviers, le premier étant juridique. Il existe en effet une loi depuis 2006 interdisant le mariage des enfants. Mais de nombreux pays ne l’ont pas adoptée, celle-ci se heurtant aux traditions tant culturelles que religieuses des Etats. D’autres actions sont également à mener comme l’accès à la scolarité, et ce, même quand les filles sont mariées, ou encore à des services de santé sexuelle afin de leur permettre de bénéficier d’une information et des soins adéquats, et notamment en cas de violences conjugales.

Coralie Forget

 

1 Comment

  1. 1011

    Contribution à la Journée Internationale de la Fille aujourd’hui 11 octobre 2018: plasticienne engagée j’ai réalisé plusieurs oeuvres dédiées à cette cause.
    Une série intitulée « Hommage à Malala » sur les terribles enlèvements des jeunes lycèennes par Boko Haram, en écho au grand combat pour l’éducation des filles de Malala Yousafzai. Une installation que j’ai pu présenter à 400 lycéens français pour la Journée des Femmes 2018. L’action est aussi la pédagogie et le débat.

    A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/homage.html

    Mais aussi une série sur les mutilations sexuelles intitulée « Infibulation ». Quand l’art permet de parler directement de l’horreur et d’ouvrir le débat.
    A découvrir : https://1011-art.blogspot.fr/p/blog-page.html

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