Chroniques, Politique

Le 13e président de la République, mais au pouvoir différent

Le 24 juin, 51 millions d’électeurs turcs ont choisi leur 13e président et la nouvelle Assemblée nationale. Les résultats, en particulier les 11,7 % du MHP (Parti d’action nationaliste) et de son président M. Devlet Bahçeli, allié de Recep Tayyip Erdoğan et de son parti (AK Parti), étaient inattendus.

Le Bon Parti (Iyi Parti) de Mme. Meral Akşener et le HDP (Parti démocratique des peuples) de Selahattin Demirtaş n’ont pas brillé de leurs résultats surtout pour le scrutin présidentiel. Ces modestes résultats ont influencé négativement les 30,6 % de M. Muharrem İnce, le candidat de CHP (Parti républicain du peuple). Néanmoins, İnce a obtenu le meilleur score de son parti depuis 41 ans. En comparaison, au premier tour de la présidentielle 2017, Emmanuel Macron n’avait obtenu que 24,1 % des voix.

Si l’on peut expliquer la bonne performance de M. Recep Tayyip Erdoğan, appuyé par M. Devlet Bahçeli, qui a obtenu 52,6 % de voix, son parti politique a perdu sept points par rapport à la dernière élection de 2015.

Aux législatives, le CHP a reculé de 2,6 points en faveur du HDP qui a ainsi passé la barrière des 10 %. En revanche, le mauvais résultat de son candidat à la présidentielle s’explique notamment par le fait que ce dernier ait mené sa campagne depuis sa cellule de prison et n’a ainsi pas eu accès aux moyens nécessaires pour mobiliser davantage.

La grande perdante de cette élection est Mme. Meral Akşener qui, après avoir fait scission du MHP, n’a pu obtenir que 10 % à l’élection parlementaire et seulement 7,3 % à la présidentielle.

Muharrem Ince, qui avait dénoncé le manque d’impartialité des médias notamment de TRT (Radiotélévision de l’État) et de l’Agence Anatolie, a accepté sa défaite au lendemain des élections. Néanmoins, il a déclaré qu’il désirait continuer son travail politique dans le but de gagner la prochaine élection. Ce dernier a souligné que, si en seulement 50 jours il a pu obtenir ce score, des actions planifiées sont nécessaires dans les 500 à 1500 jours qui viennent.

Quant à Erdoğan, qui gouverne la Turquie depuis 16 ans, il restera au pouvoir encore cinq ans, mais, cette fois, il bénéficiera d’un pouvoir élargi grâce au nouveau système présidentiel.

Dr. Hüseyin Latif, directeur de publication

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