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14 Juillet : Ambiance chic et populaire au Palais de France

Ce 12 juillet on célébrait la fête nationale française au Palais de France d’Istanbul, un lieu empreint d’histoire témoignant des relations ancestrales entre la France et la Turquie.

18h30 –  Les premiers invités sont déjà arrivés, aguerris et prévoyants, ils souhaitaient éviter la file d’attente qui s’étendra jusqu’en bas de la rue Tomtom Kaptan Sokak. Dans cette allée étroite où se rencontre le Consulat général d’Italie, un des pays fondateurs de l’Europe, le lycée français Pierre Loti, où on lit sur ses murs « Lois, justice, force », et le Palais de France, le symbole est fort, le lieu singulièrement propice à cette cérémonie et aux idéaux du 14 Juillet. Cartes d’identité vérifiées et contrôle de sécurité passé ; le tapis rouge a été déroulé pour l’occasion, guidant les convives jusqu’à l’entrée de la bâtisse du XIXe siècle. Sur le chemin, l’exposition des derniers modèles de Renault et Peugeot éveille la curiosité des amateurs d’automobile.

Diplomates, hommes d’affaires, expatriés, représentants d’une communauté religieuse, artistes, franco-turcs, francophones ou non, mais pour sûr francophiles, le jardin du Palais de France se remplit peu à peu. Les regards se cherchent ; les présentations faîtes, les conversations peuvent débuter… mais elles sont bientôt interrompues par les premières notes de l’« Istiklal marşı », l’hymne national turc, suivi de « La Marseillaise ». Drapeau tricolore flottant dans le dos, le Consul général de France M. Buchwalter entame un discours en français et en turc, symbole du lien fraternel entre les deux pays. S’en suit, l’allocution de l’Ambassadeur de France en Turquie, M. Charles Fries, heureux « de célébrer une fois encore l’ancienneté, la force et la richesse de la relation entre la France et la Turquie. » Et, dans un discours résolument tourné vers l’avenir, optimiste et empreint des valeurs françaises et européennes, il « forme le vœu que cette profonde transformation (politique et institutionnelle) soit l’occasion pour la Turquie de réaffirmer dans un esprit de rassemblent son attachement aux valeurs partagées par tous les peuples européens à savoir le respect de l’état de droit, les libertés fondamentales, de la justice et des droits de l’Homme », avant de conclure joyeusement sur « Vive la France, vive l’amitié franco-turque ! Cok yasa Fransa, Yaşasın Fransız-Türk dostluğu ! »

Deux discours qui semblent avoir fait l’unanimité auprès des convives. Dans le brouhaha des applaudissements fervents, certains laissent échapper : « chouette discours ! ».

La fin des déclarations par les officiels a laissé place à l’ouverture du buffet. Spécialités françaises, turques, les deux gastronomies étaient mises à l’honneur. Dans une ambiance conviviale, les invités ont fait preuve d’habileté et d’adresse afin de pouvoir manger debout en dégustant leur vin ou leur coupe de champagne, le tout en serrant quelques poignées de mains. Dans cet exercice difficile, ils étaient aidés par les serveurs, qui tout aussi habiles et agiles, se faufilaient discrètement entre les convives et les fontaines ottomanes, le puit en marbre blanc, les statues baroques, les jasmins, les citronniers, les tilleuls… du Palais, œuvrant aux confort et désirs des invités.

Le 14 Juillet est traditionnellement célébré en France devant un feu d’artifice, manquant ce soir, certains invités n’ont cependant pas renoncé au célébrissime « bal des pompiers » (sans les principaux protagonistes…) et ont transformé la pelouse du jardin en piste de danse. D’autres ont préféré se retirer sur le balcon, plus calme, s’adonnant à une séance photos amateurs et jouant les modèles le temps d’une soirée devant les somptueux vases et tapisseries du Palais.

Une ambiance festive et chic pour cette fête populaire qui se veut synonyme de rassemblement et d’union. Tous ne connaissaient le sens, la symbolique exacte du 14 Juillet dans l’histoire française, mais peu importe. Interrogés sur la signification de cette journée en France, ils ont instinctivement et spontanément répondu « la liberté ! » Ce fut le cas de Dilara, pour qui cette célébration 14 Juillet au Palais de France était une première. D’origine turque et non-francophone, pour elle c’est la liberté, qu’elle prend le temps de traduire en turc « özgürlük » ; « un droit dont tout le monde devrait jouir et connaître le sentiment. La liberté dans tout, le travail, la famille… C’est le plus important ! », déclare Dilara..

Mais, la liberté ne peut s’épanouir qu’accompagnée de ses consœurs « égalité et fraternité ». La lumière de la fraternité, qui quelque peu fragilisée ces derniers temps dans l’Hexagone, semble se raviver avec la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet dernier, mais surtout et avant tout avec les joueurs de l’équipe de France qui, grâce à leur intelligence collective, se sont hissés en finale de la Coupe du monde. Le Consul et l’Ambassadeur n’ont d’ailleurs pas manqué, dans leur discours, à faire allusion aux Bleus qui,  20 ans auparavant et jour pour jour, le 12 juillet 1998, soulevaient la Coupe du monde au parc des Princes. La France espère de nouveau brandir fièrement ses symboles dimanche soir, s’unir derrière le drapeau tricolore, chanter avec ferveur la Marseillaise et scander la devise nationale. À moins qu’elle ne se transforme, le temps d’une soirée en « Liberté, Egalité, Mbappé »…

La fête nationale française fut également célébrée à Izmir le 13 juillet et à Ankara le 14 juillet.

Marie Boyenval

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