Art, Culture

14ème Biennale d’Istanbul : Jour #1 Büyükada

Aujourd’hui la Turquie a visité les lieux d’exposition de la 14ème biennale d’Istanbul et vous en propose un compte-rendu. Dans ce premier article, direction Büyükada, la plus grande des îles des Princes.

Où se trouve Büyükada et comment s’y rendre ?

Büyükada (« Grande île » en français) est l’une des neuf îles des Princes, situées au large d’Istanbul, dans la mer de Marmara. Pour y aller, rien de plus simple : des ferrys et bateaux s’y rendent régulièrement de divers endroits à Istanbul. Les horaires des compagnies IDO et Şehir Hatları sont disponibles sur leurs sites internet respectifs.

Comme dans chacune des autres îles, les véhicules motorisés sont interdits à Büyükada. Les visiteurs peuvent donc explorer l’île à pied, à vélo (des loueurs de vélos sont présents partout sur les îles) ou encore dans des chariots de phaéton tirés par des chevaux.

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Un chariot de Phaéton dans Büyükada.

« On Exile and Fishing »

Jeudi 3 septembre a eu lieu une conférence intitulée « On Exile and Fishing » à l’Hôtel Splendid de Büyükada. Une conférence animée par le romancier turc et Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, l’artiste sud-africain William Kentridge, connu pour ses dessins au charbon et au fusain et ses animations cinématographiques, ainsi que Carolyn Christov-Bakargiev, présidente de la biennale.

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De gauche à droite : Orhan Pamuk,William Kentridge et Carolyn Christov-Bakargiev.

Le titre de la conférence a été choisi en hommage à l’homme politique russe Léon Trotski, qui se plaisait à pêcher lors de son exil à Büyükada entre 1929 et 1933.

Orhan Pamuk, qui se rend fréquemment à Büyükada depuis son enfance, a fait part de sa joie de voir cette île choisie pour lieu de rencontre pour la biennale. Le romancier a également affirmé qu’il était un pêcheur patient quand il s’agissait d’écrire. « Si je ne trouve pas d’inspiration pour l’écriture, je ne me démoralise pas », a-t-il dit, « j’attends patiemment. »

De son côté, l’artiste William Kentridge a choisi une métaphore des plus étonnantes afin de comparer l’art contemporain, la pêche et la rêverie. Ce dernier a affirmé reconnaître une grande ressemblance entre l’acte de pêcher et de rêver. « Quand on pêche, on attend que le poisson remonte à la surface de l’eau », a expliqué l’artiste de 60 ans, « et parfois, le poisson replonge dans la mer à la dernière minute ! ». D’après lui, il se passe la même chose lorsque l’on se réveille d’un rêve vif et intense. Comme le pêcheur perd son poisson en mer, chacun perd et oublie ses rêves également au moment de se réveiller…

Les lieux d’exposition de la biennale à Büyükada

Kaptan Paşa Ferry-boat : Construit en 1997, ce ferry-boat abritera les œuvres des artistes Marcos Lutyens et Pınar Yoldaş.

Bibliothèque municipale de Büyükada : Avant 2006, ce bâtiment était une maison privée. Il est aujourd’hui ouvert au public en tant que bibliothèque. A l’intérieur vous attendent les œuvres de l’artiste turc Merve Kılıçer. Profitez au passage de la très belle vue sur la mer à travers les fenêtres…

Hotel Splendid Palace : Cet hôtel est extrêmement facile d’accès, il suffit de faire se rendre tout droit un peu après la jetée et d’emprunter les escaliers blancs. Il a été construit en 1908 par l’architecte Kaludi Laskaris Kalfa, dans le style Art Nouveau. Les vidéos de William Kentridge sont visibles au deuxième étage. Celles projetées sur les portes sont particulièrement intéressantes.

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Splendid Hotel

Rizzo Palace : L’artiste britannique Ed Atkins, qui vit actuellement à Berlin, a installé ses vidéos dans cette charmante maison en bois située à flanc de colline.

Manoir des Mizzi (Mizzi Mansion) : Ce superbe immeuble date de la fin du 19e siècle. George Mizzi l’a fait construire comme maison privée. Malheureusement, les Mizzi ont déménagé après le suicide de leur fils. Désormais, le manoir a été racheté par un homme d’affaires finnois qui s’est attelé à sa rénovation. Il abrite les photographies et l’installation sonore de l’artiste Susan Philipsz.

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« Mizzi Mansion »

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L’intérieur du manoir.

Çankaya 57 : Située tout près du manoir des Mizzi, cette maison jumelle a été construite par un marchand arménien pour ses filles en 1907. Selon la légende, Léon Trotski y a vécu quelques semaines. Plus récemment, c’est le journaliste turc Ahmet Emin Yalman qui y a séjourné. A l’intérieur : le film de 16 minutes de l’artiste américaine Daria Martin.

Maison de Trotski : Préparez-vous à de surprenantes découvertes ! Au tout début, cet endroit était baptisé « Le manoir de Yanaros ». La maison, les jardins et la jetée ont été construits dans les années 1950 par Nikola Demades. Le révolutionnaire et homme politique russo-soviétique Léon Trotski y a vécu entre les années 1932 et 1933, à la fin de son exil de quatre ans. Au-delà du jardin, la mer. Mais également une grande surprise ! Les sculptures de l’artiste argentin Adrián Villar Rojas sont à couper le souffle.

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Maison de Trotski

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Maison de Trotski

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L’oeuvre d’Adrián Villar Rojas.

Sırma Parman

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