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Pas de Croisette pour le burkini

La demande de suspension de l’arrêté municipal de la ville de Cannes stipulant l’interdiction du port du burkini à la plage a été rejetée par la Justice. Dans le même temps, une autre ville des Alpes maritimes en profite pour vouloir également « son » arrêté anti-burkini. 2016-08-15 22.49.48

Le mot « burkini » inconnu du grand public jusqu’alors, risque de détrôner le « selfie » dans les mots à la mode.

Suivant une mouvance politico-médiatique – pour ne pas dire une mode- la décision du maire de Cannes, David Lisnard, d’interdire sur les plages de sa ville le port du burkini, n’a pas été rejetée par la Justice.

Le juge des référés n’a pas suivi la requête présentée ce vendredi par le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et la Fédération des musulmans du sud. Les deux associations réclamaient d’urgence la suspension de l’arrêté municipal du 28 juillet interdisant « l’accès aux plages et à la baignade à toutes personnes n’ayant pas une tenue correcte respectueuse de la laïcité ». Pour le maire de la ville, porter « une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que la France est la cible d’attentats est de nature provocatrice ».

La Justice n’a donc pas retenu le caractère d’urgence prôné par les associations qui entendent bien se défendre. Et, selon Nice Matin, le juge des référés note, dans le sens du maire, que sont respectées les dispositions de l’article 1 de la Constitution selon laquelle : « la France est une République laïque, qui doit interdire à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes ». La Justice poursuit en précisant – et en donnant, par ailleurs, raison aux propos du maire-, que dans un contexte d’état d’urgence dû aux récents attentats, tous signes religieux sont un risque envers le maintien de l’ordre public.

Me Sefen Guez Guez, avocat du collectif CCIF, a fait part de son intention de faire appel devant le Conseil d’État, dénonçant, avec l’appui de SOS racisme, « une porte ouverte à l’interdiction de tous signes religieux » et «  une stratégie de la tension ».

Effet boule de neige

La décision du maire de Cannes a inspiré Lionnel Luca, maire de Villeneuve Loubet, également dans les Alpes Maritimes, qui a établi le même arrêté pour ses plages.

« On m’a signalé sur l’une de nos plages un couple dont l’épouse se baignait habillée », explique le maire avant d’avancer pour l’AFP que : « venir en burkini à la plage est contraire à la République que nous connaissons ».

La fédération des musulmans du sud a annoncé vouloir également l’annulation de cet arrêté devant la Justice.

Guillaume Asmanoff.

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