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3e édition du Concours international de piano – Istanbul Orchestra’Sion

La tension est palpable à l’annonce des résultats de la demi-finale. Seuls trois candidats seront sélectionnés pour la dernière épreuve du concours qui se tiendra le dimanche 19 novembre en compagnie de l’orchestre de Notre-Dame de Sion. Après des mois de travail acharné, à répéter les mêmes gestes, les jeunes pianistes sont enfin prêts à savoir si leurs efforts ont payé. « Les trois derniers jours étaient particulièrement rudes », nous confie Shaun Choo, un candidat de 26 ans originaire de Singapour.

Comme lui, ils sont 62 talents à avoir tenté leur chance. Après une étape de présélection par vidéo, 45 d’entre eux ont été invités à concourir au Lycée Notre-Dame de Sion à Istanbul. Ils se sont tous rencontrés pour la première fois le dimanche 12 novembre lors d’un cocktail de bienvenue organisé dans la cafétéria du lycée. Âgés de 17 à 39 ans, ils ont fait connaissance entre eux, mais aussi avec les membres du jury composé de pianistes professionnels.

Le jour de leur passage, chaque candidat dispose de trois heures de répétition sur l’un des treize pianos droits installés dans les nombreuses salles du lycée. Puis, ils doivent se produire dans la salle de spectacle du lycée, au sein de laquelle trône un piano à queue. L’auditoire et le jury sont là et prêtent attention aux moindres gestes du candidat. « C’est quand on les emmène dans les coulisses que l’on sent leur trac avant de passer », confie Marion Bresson, la documentaliste du lycée qui participe à l’organisation du concours.

Accompagnée d’Emmanuelle Beaufils, elles organisent les plannings de passage, répondent aux interrogations des candidats et font face aux imprévus. Une tâche difficile, demandant beaucoup de travail à cette équipe qui a commencé les préparatifs de cette édition dès le mois de février 2016.

À l’issue des trois premiers jours du concours, qui marquent la fin de la première étape, ils ne sont plus que 12 candidats à espérer se qualifier pour la demi-finale. « Le niveau est déjà très haut, alors que, normalement, ce type d’événement met plus de dix ans à décoller », affirme Vahan Mrdirossian, Président du jury pour la deuxième édition consécutive. Pianiste professionnel et chef d’orchestre, c’est lui qui a sélectionné le jury chargé d’évaluer à ses côtés les candidats : « Ce sont tous des musiciens que je respecte énormément », nous confie-t-il avant de les rejoindre pour faire le point sur la journée.

Tous les membres du jury sont invités à noter les candidats selon leurs impressions personnelles, sans jamais s’influencer mutuellement. Parfois, il y a des évidences qui s’imposent : « Il arrive que l’on s’accorde sur les mêmes pianistes », nous confie Émir Şen pour qui « le véritable talent est repérable en une minute […] Ce que je recherche c’est de la sincérité et de l’empathie chez un candidat ». Sur ce point, il s’accorde avec sa collègue d’origine japonaise, l’artiste internationale Tamayo Ikeda, qui juge « la qualité du son, mais aussi la personnalité d’un musicien ». Car un pianiste doit communiquer avec son auditoire.

À plusieurs reprises, des moments d’une rare beauté ont envahi la salle de spectacle. Mais, samedi 18 novembre, seuls trois pianistes ont été retenus pour la finale. Évidemment, la déception se lit sur les visages des candidats qui n’ont pas été appelés par le Président du jury, chargé d’annoncer les résultats. En revanche, comme l’explique Maria Anikina, finaliste lors de l’édition précédente, « l’ambiance est sereine entre les candidats » et aucune forme de rancœur n’est palpable dans l’atmosphère.

L’enjeu est pourtant grand pour les participants : « Je n’aime pas trop l’esprit de compétition, mais c’est une étape très importante pour leur carrière », affirme Jean-Yves Clément, un des membres du jury. Cette aventure offre la possibilité aux participants de se faire remarquer par des professionnels reconnus internationalement dans le milieu de la musique. Une véritable opportunité pour ces musiciens, mais l’occasion aussi de « montrer le niveau culturel d’Istanbul » à ces jeunes pianistes venus du monde entier, déclare fièrement Gülsin Onay.

 

 

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