Culture

A cause de la crise, la Grèce stoppe la construction d’un temple en Turquie… il y a plus de 1800 ans

Une histoire éternelle, semble-t-il… Notre génération n’est pas la première à souffrir de la crise ; aussi jetons un regard sur nos ancêtres grecs : face aux aléas financiers, le bâtiment souffre, autrefois comme aujourd’hui ! Construit au IIe siècle av. J.-C. sous l’empire d’Hadrien, le temple de Zeus Lepsynos, à Euromos, n’a jamais pu être achevé faute de moyens financiers.

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La Turquie a commencé le travail de restauration du temple de Zeus Lepsynos, situé dans l’ancienne cité d’Euromos, à l’Ouest de la Turquie, sous l’égide du ministère de la Culture et du Tourisme, et de la Direction générale de l’Héritage culturel et des Musées, principaux sponsors de l’opération. Une équipe de six archéologues turcs, français et italiens ont examiné le temple, resté inachevé depuis l’antiquité à cause d’une crise économique majeure au IIe siècle av. J.-C.

Le directeur du Conseil de préservation de l’héritage naturel et culturel et le chef des fouilles d’Euromos, le professeur assistant Abuzer Kizil, expliquent que 16 colonnes du temple sont encore debout, et notent que ceux qui dominent la cité ont été décoré tandis que rien n’a été fait pour ceux des quartiers sud. « C’est un témoin de la crise économique », explique le professeur Kizil. Ce dernier précise que le travail commencera après avoir déterminé les blocs architecturaux qui se sont effondrés à cause de tremblements de terre ou d’autres raisons : « tout d’abord, nous nous renseignons sur les blocs architecturaux, un par un. Le travail au ciment réalisé en 1975 par le Professeur Ümit Serdaroglu présente une difficulté majeure pour nous », prévient-il.

Le temple de Zeus Lepsynos.

Kizil raconte que le temple n’a pas pu être terminé avec le budget de la cité antique, parce qu’ « ils n’avaient pas assez pour finir le temple. Les notables de la cité et les physiciens ont donné un coup de main pour construire quelques colonnes. Mais ça n’était toujours pas assez.»

euromosEn termes de restauration, Kizil dit que son équipe projette de replacer les colonnes qui se sont effondrées à cause de facteurs environnementaux, avec le rêve de faire revivre le temple « autant que possible ». Les colonnes sont surmontées de tampons sur lesquels sont gravés les noms des donateurs, et la dédicace à Zeus. Lepsynos possède les temples les mieux conservés de l’Anatolie et « maintenant, nous essayons de comprendre la situation actuelle de ces temples ».

Kizil assure que l’on ne détruira pas l’« atmosphère magique » de l’ancienne cité, de même que les colonnes jamais terminées ne seront pas reconstruites avec des matériaux contemporains. L’équipe va étudier méticuleusement la force sismique des colonnes, car « beaucoup peuvent d’effondrer à la moindre vibration. Nous sommes soutenus par les instituts nationaux et internationaux. Si nous réussissons, ce sera un succès mondial et un grand honneur pour la Turquie ».

Elisabeth Rain All

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