Cinéma

Abdel et la Comtesse : à la croisée des mondes

Un film léger comme on aime les voir le dimanche en fin d’après midi. Si ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle, ce film réalisé par Isabelle Doval est une comédie plaisante, qui alterne entre clichés et moments d’émotion.

UNE COMÉDIE INÉGALE MAIS NON MOINS TOUCHANTE

Ce long métrage inégal met donc en scène une comtesse, jouée par Charlotte de Turckheim, qui possède un immense château et domaine, auxquels elle doit renoncer à la mort de son mari, ne pouvant les léguer à sa fille Blanche, car tradition aristocratique oblige. Si seul l’homme de la famille doit hériter de ces biens, c’est à leur cousin Gonzague qu’il revient. Peu scrupuleux, ce dernier veut racheter le domaine et le raser pour en faire un complexe immobilier.

Cependant, lorsque la châtelaine cache Abdel un voleur qui s’est échappé de prison, sa vie va être chamboulée. Complètement opposés dans leur style de vie, ces derniers vont apprendre à s’apprécier et à se liguer contre le méchant cousin. Vous l’aurez compris ; ce film manque cruellement de liens puisque deux histoires semblent séparer pour créer une même histoire à la Woody Allen mais en vain.

En plus, d’un scénario trop creux et trop léger, les clichés vers lesquels tendent le film sont trop timides et laissent l’image d’un film avorté. Pourtant, si le titre s’était déjà tiré une balle dans le pied par ses clichés, l’émotion de ce long métrage est quant à elle bien présente. Ainsi, deux mondes totalement opposés semblent apprendre à se connaître et à s’apprécier malgré leurs différences qui devient une force.

UN JEU D’UNE GRANDE JUSTESSE

Malgré un film un peu trop délié et distrait, le jeu des personnages quant à lui fait remonter le niveau de ce dernier. Ainsi, Charlotte de Turckheim reste parfaite aussi bien dans la retenue que dans la fantaisie de son rôle, tout comme Amir El Kacem, qui progressivement se détache de son rôle de racaille banlieusard pour laisser place à un jeune homme sympathique rempli de tendresse.

En sommes, malgré de nombreux ratés, Abdel et la Comtesse pourrait être un des titres de roman de la Comtesse de Ségur où la morale vertueuse se rapprocherait plutôt de celles des Fables de La Fontaine puisque comme il l’écrit dans sa fable Le Cochet, le Chat et le Souriceau, « Garde-toi, tant que tu vivras,
De juger des gens sur la mine ».

Charlotte Lelouch

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *