Politique

Accumulation de tensions dans le Haut-Karabagh

NK-Map.svg

Dans la nuit de vendredi à samedi, des affrontements inattendus en Haut-Karabakh indiquent une reprise des tensions entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Un conflit symptomatique qui remet en cause l’efficacité des solutions négociées par le Groupe de Minsk organisé par l’OSCE en 1994.

La zone enclavée en territoire azerbaïdjanais est sous tension depuis 1994, date marquant la signature d’un cessez-le-feu qui met un terme à la guerre engagée en 1988. Le Haut-Karabakh se séparait de l’Azerbaïdjan et devenait alors une République autoproclamée financée par l’Arménie. La population jugeait que les libertés culturelle et religieuse imposées par les autorités soviétiques et azerbaïdjanaises étaient trop limitées.

Le cessez-le-feu a été violé de nombreuses fois puisque la frontière a régulièrement été sujette à des escarmouches. Les récents affrontements sont les plus violents que la zone ait connu depuis cette période, une trentaine de soldats ayant trouvé la mort.

Le Ministère azerbaïdjanais de la Défense a fait état de bombardements pratiqués par les forces armées arméniennes. Cependant, le communiqué de presse du Ministère de la Défense arménien déclarait que des actions offensives avaient été opérées par son adversaire. Les deux camps se renvoient la balle, difficile de savoir qui a déclenché ces hostilités.

Ce qui est sûr, c’est que ce conflit est symptomatique d’une situation mal réglée en 1994 par le Groupe de Minsk alors co-présidé par la France, la Russie et les Etats-Unis. Si la Turquie soutient coûte-que-coûte l’Azerbaïdjan et espère qu’il « triomphera dans ses combats », les grandes puissances appellent à une régulation des deux territoires et à un respect du cessez-le-feu. Une séance extraordinaire du Groupe de Minsk aura lieu la semaine prochaine.

Manon Guilbert

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *