Culture, Découverte, Société

Ahmed Midhat Efendi

Türkiye İş Bankası Kültür Yayınları[i] a créé en 2018 une nouvelle série sur les classiques de la littérature turque. On y retrouve des auteurs très connus de l’époque tels Hüseyin Rahmi Gürpınar, Namık Kemal, Şinasi, Samipaşazade Sezai, Ahmet Mithat Efendi, Şemsettin Sami, Halit Ziya Uşaklıgil, Fatma Aliye, Mizancı Murat, Muallim Naci, Safveti Ziya, Ahmet Rasim et Filibeli Ahmet Hilmi.

Ces écrivains turcs sont méconnus en Occident, notamment en France.[ii] Pourtant, la plupart d’entre eux ont été influencés par la Révolution française et ont essayé de partager leurs idées et valeurs — patriotisme, modernité, liberté, patrie – à travers les journaux dans lesquels ils écrivaient, mais également par l’intermédiaire de leurs pièces et de leurs livres écrits entre le milieu de XIXe siècle et la fondation de la République. Certains d’entre eux ont séjourné en France et ont participé au mouvement des Jeunes-Turcs. En général, ils parlaient français.

L’Édition d’İş Bankası a été créée en 1956 par Hasan Ali Yücel. Ce dernier a aussi fait traduire plusieurs œuvres classiques mondiales alors qu’il était ministre de l’Éducation nationale entre 1938 et 1946.

J’ai récemment lu l’un des classiques de cette nouvelle série[iii] : Dolaptan Temaşa[iv] d’Ahmet Mithat Efendi[v]. Cet écrit est paru la première fois dans le journal Tercüman-i Hakikat[vi],que l’auteur a édité lui-même pendant 43 ans et qui est considéré comme le journal ayant eu la plus grande longévité sous l’Empire ottoman, alors que son premier journal, Devir, n’a eu qu’un seul numéro.[vii]

Romancier, journaliste, éditeur et auteur, Ahmet Mithat Efendi est issu d’une famille de commerçants de la classe moyenne. Né à Istanbul, il a écrit sa première œuvre en 1868 sous l’impulsion de ses amis des cercles littéraires qu’il fréquentait. Commence alors sa carrière d’écrivain. Il a notamment été influencé par Osman Hamdi Bey[viii], célèbre peintre turc, qu’il a rencontré à Bagdad et qui lui a fait découvrir la littérature occidentale. Au cours de la même période, Mithat a fait connaissance de certaines des figures religieuses les plus importantes de son époque et fut initié à la philosophie de l’Orient. Il parlait couramment le français, le persan et l’arabe. S’il n’était pas un partisan convaincu des valeurs occidentales, il représentait plutôt la synthèse des cultures orientales et occidentales.

Dr. Hüseyin Latif, directeur de publication

 

[i] Les Éditions culturelles de İş Bankası.

[ii] Hüseyin Rahmi Gürpınar (1864-1944), Namık Kemal (1840-1888), Şinasi (1826-1871), Samipaşazade Sezai (1860-1936), Ahmet Mithat Efendi (1844-1912), Şemsettin Sami (1850-1904), Halit Ziya Uşaklıgil (1866-1945), Fatma Aliye (1862-1936), Mizancı Murat (1854-1917), Muallim Naci (1850-1893), Safveti Ziya (1829-1875), Ahmet Rasim (1864-1932), Filibeli Ahmet Hilmi (1865-1914).

[iii] Ahmet Mithat Efendi, Dolaptan Temaşa, Türk Edebiyatı Klasikleri-14, İş Bankası Kültür Yayınları, février 2019.

[iv] [Garde-robe temporaire] L’histoire se passe à Istanbul. Une jeune femme invite dans sa chambre une personne innocente, mais ivre, qui a perdu son chemin. Peu après son amant, son mari arrive.

[v] Après la révolution des lettres dans le turc moderne, son nom est devenu Ahmet Mithat Efendi.

[vi] Le traducteur de la vérité.

[vii] Devir (l’époque).

[viii] Osman Hamdi Bey, fondateur de l’Université de Mimar Sinan qui était à Bagdad entre 1869 et 1871.

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