Politique

AKP-CHP : dernière réunion cette semaine en vue d’une possible coalition

C’est une semaine cruciale pour la constitution d’une coalition entre l’AKP et le CHP. Les délégations des deux partis se sont réunies hier, avant de soumettre à leurs instances dirigeantes respectives leur rapport, particulièrement déterminants dans la poursuite des négociations. Jeudi ou vendredi, ce sera au tour de leurs chefs -Ahmet Davutoğlu, président de l’AKP et Kemal Kılıçdaroğlu, leader du CHP- de tenter de dégager un accord de coalition.

HUKUMET KURMA SURECI KAPSAMINDA, AK PARTI ILE CHP HEYETLERI ARASINDA GERCEKLESTIRILEN GORUSMELERIN DORDUNCUSU BASLADI. TBMM MERMERLI SALON'DA BASLAYAN GORUSMEYE, AK PARTI'YI TEMSILEN BASBAKAN YARDIMCISI NUMAN KURTULMUS (SAG 4), KULTUR VE TURIZM BAKANI OMER CELIK (SAG  3), AK PARTI ANKARA MILLETVEKILI ALI IHSAN ARSLAN (SAG 5) ILE MILLETVEKILLERI TAHA OZHAN (SAGDA), AK PARTI ANTALYA MILLETVEKILI LUTFI ELVAN (SAG 2),  CHP'YI TEMSILEN  GENEL BASKAN YARDIMCISI  HALUK KOC (SOL 3), SELIN SAYEK BOKE (SOL 4), FAIK OZTRAK , ISTANBUL MILLETVEKILI AKIF HAMZACEBI (SOLDA) DE KATILDI. (KULTUR VE TURIZM BAKANLIGI - ANADOLU AJANSI)

Quasiment deux mois après les législatives qui ont eu lieu le 7 juin, les tractations entre l’AKP et le CHP pour un accord de coalition semblent être arrivés à un point décisif. Une ultime rencontre a eu lieu, hier, lundi 3 août, entre les délégations des deux partis, menées par le ministre de la Culture Ömer Çelik et le député Haluk Koç.

Deux sujets étaient sur la table : les Affaires étrangères et la candidature d’Ankara à l’Union européenne. S’exprimant au nom de l’AKP, Ömer Çelik a déclaré que cette cinquième réunion s’était déroulée dans une atmosphère « de courtoisie ». Pour Haluk Koç, la mission de son parti, le CHP, est achevée, la prochaine étape dépendra de la décision du Premier ministre Ahmet Davutoğlu.

En partie oui, mais pas seulement. Car, cette première série de discussions terminée, les négociateurs doivent remettre leurs rapports respectifs à Ahmet Davutoğlu, également président de l’AKP, et au leader du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu.

« Nous poursuivrons la phase de discussions pour la formation d’une coalition, si les présidents et les conseils d’administrations des partis reconnaissent que les pourparlers préliminaires ont donné un résultat tangible. Mais dans le cas où ils viennent à la conclusion que ces négociations ont échoué à   parvenir à un tel résultat, le processus s’arrêtera là », déclarait samedi à la presse, Ömer Çelik, au terme d’une quatrième rencontre.

Le CHP a souligné de son côté la nécessité de créer une coalition et de mettre les intérêts de la Turquie au-dessus de ceux des partis, ajoutant que la tenue de nouvelles élections ne pourraient résoudre les problèmes du pays, en proie récemment à des violences. « Le peuple nous a donné la responsabilité d’engager le dialogue et de faire des compromis. Nous continuerons les discussions avec cette vision et cette responsabilité historique », a insisté Haluk Koç.

Selon la feuille de route suivie par les deux partis arrivés en tête au dernier scrutin, Davutoğlu et Kılıçdaroğlu doivent se rencontrer jeudi ou vendredi pour finaliser les négociations dans la perspective d’une alliance.

Le MHP veut une accélération des négociations

A l’heure actuelle, d’après certains observateurs, le monde économique et les organisations internationales soutiennent davantage cette option pour des raisons liées à la politique extérieure turque. La question est de savoir si les deux formations sont capables d’ajuster leurs positions politiques. « Le CHP semble être enthousiaste à l’idée d’une coalition, ce qui contredit leurs déclarations pré-électorales. Toutefois, l’AKP et le CHP représentent deux traditions distinctes concernant les politiques intérieures et étrangères turque. Je pense qu’une coalition formée des deux partis ne sera ni simple ni durable », commente Birol Akgün, professeur à l’Institut de réflexion stratégique, interrogé par le quotidien Daily Sabah.

S’ils ne parviennent pas à aplanir leurs différends et à trouver un accord, l’AKP a d’ores et déjà annoncé qu’il reprendrait les discussions avec le MHP. Pour le moment, le leader de la troisième force politique, Devlet Bahçeli, a surtout pressé les deux partis à accélérer les négociations en vue de la création d’un gouvernement de coalition. « Ne perdez pas de temps, ne tardez pas. Allez de l’avant, formez un gouvernement et luttez contre le terrorisme jusqu’à qu’il soit pleinement éliminé », a-t-il écrit sur twitter le 1er août dernier.

Longtemps considéré comme le partenaire le plus probable de l’AKP en vue d’une coalition, le MHP semble avoir choisi une autre voix pour peser politiquement en suivant une idéologie nationaliste privilégiant la pérennité de la Turquie. « Dans la soirée du 7 juin, Devlet Bahceli avait dit que son parti ne prendrait pas part aux négociations de coalition et que l’AKP et le CHP devraient s’accorder pour former une alliance […]. Le MHP pourrait faire partie d’une coalition comme dernier recours, si un gouvernement ne peut être établi et si la stabilité de la Turquie est menacée », explique Birol Akgün. Toujours selon lui, « Bahceli a déclaré que seule une coalition entre l’AKP et le CHP pourrait inverser la polarisation sociale et permettre de surmonter la pression de la communauté internationale. »

Quoi qu’il en soit, si aucun gouvernement n’est constitué d’ici le 24 août, soit 45 jours après la désignation du Premier ministre, le président Recep Tayyip Erdoğan pourrait dissoudre le Parlement et organiser de nouvelles élections dans le courant de l’automne.

Khadija Ben Hayyan

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