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Amazon, le géant du e-commerce, ferme ses entrepôts français jusqu’au 5 mai 2020

Décision inédite, Amazon a décidé de fermer en France ses six entrepôts logistiques. Malgré l’augmentation du nombre de commandes, Amazon s’est vu imposer de ne vendre, via les vendeurs tiers et son réseau logistique mondial, que des produits dits de première nécessité. Ceci fait suite à la décision du tribunal de grande instance de Nanterre, confirmée par la cour d’appel de Versailles.

À la suite de la décision de la cour d’appel de Versailles rendue vendredi 24 avril, Amazon doit restreindre son activité aux produits de première nécessité le temps d’évaluer les risques encourus pour ses salariés dus à l’épidémie du COVID-19. Amazon a donc fermé ses entrepôts en France dès jeudi 16 avril afin d’évaluer les risques sanitaires liés au virus.

Les salariés qui affirmaient vivre dans la peur — distances de sécurité non respectées, absence de gel hydroalcoolique — avaient alors reçu le soutien des syndicats qui avaient demandé une diminution des effectifs. La CGT a également annoncé avoir déposé une plainte contre le géant du e-commerce pour mise en danger de la vie d’autrui. De plus, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait recommandé àAmazon « de prendre les mesures nécessaires pour assurer immédiatement la protection des salariés ». Cet arrêt est vu pour la plupart comme un acte de sagesse pour protéger ses 13 000 employés en France, mais est aussi perçu pour d’autres comme démesuré, cette décision allant plus loin que la simple restriction initiale demandée.

Les portes des entrepôts du leader mondial vont donc rester fermées pendant presque six semaines. Malgré cette fermeture, Amazon assure que les salariés continueront à être payés à 100 % de leur rémunération. L’arrêt de l’activité se fera donc sans perte de salaire ni congés payés forcés.

Côté logistique, les commandes continuent et affluent grâce aux vendeurs tiers et au réseau logistique mondial qui ne sont pas affectés. Amazon informe cependant dans sa FAQ que les délais de livraison peuvent être allongés. Par ailleurs, l’enseigne a étendu ses fenêtres de retour.

Karine Tanneur, 46 ans, cliente fidèle d’Amazon, explique que « si les employés ne se sentent pas en sécurité, il est normal qu’Amazon ait pris cette décision. » Mais cette initiative ne facilite pas la vie de ses clients habitués à commander sur le site qui leur est devenu nécessaire en cette période de confinement où tous les petits commerces sont fermés. « Malgré tout, cela a impacté mon mode de vie durant le confinement, j’ai pris l’habitude de commander cinq à six livres par mois et actuellement je les reçois très tardivement. Cela pose également problème à mes enfants qui continuent l’école à distance et qui ne peuvent pas s’approvisionner en livres et en fournitures scolaires. Les librairies étant fermées, nous sommes pénalisés », estime Karine Tanneur.

Ce système temporaire, qui est la résultante d’un difficile bras de fer politique, n’est pas viable à long terme. Il s’agit de la meilleure solution trouvée pour protéger les employés, sans pour autant faire plonger le chiffre d’affaires d’Amazon en France.

Par ailleurs, Amazon a demandé à l’administration le chômage partiel pour dix de ses sites. Cette demande, jugée « indécente » par les syndicats, lui a été refusée.

Cette demande concerne 10 000 employés dont l’activité a été suspendue pour cause de COVID-19. La demande est jugée indécente, car ce droit au chômage partiel est réservé aux entreprises dont l’activité est devenue impossible comme les petits commerces jugés non essentiels ou encore le secteur de la restauration. De plus, les syndicats s’indignent du fait qu’Amazon ait fermé temporairement ses entrepôts afin de se soustraire aux décisions prises par la justice française tout en continuant son activité grâce à ses autres sites européens.

Charlotte Guilloche

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