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Anjelina Nadai Lohalith, réfugiée et athlète aux JO – Portrait

Nous sommes à cinq jours avant l’ouverture des Jeux olympiques de Rio… La pression monte pour les athlètes et particulièrement pour Anjelina Nadai Lohalith qui, à 21 ans, fonde beaucoup d’espoirs sur cette compétition internationale.

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Anjelina Nadai Lohalith fait partie des 10 réfugiés qui ont eu la chance que leur talent soit reconnu et qui feront partie de la première équipe de réfugiés aux Jeux olympiques de Rio cet été.

Cette jeune sud-soudanaise a tout quitté à l’âge de 6 ans : sa famille, ses amis, sa maison, son pays… Les combats ayant atteint son village, elle n’a eu d’autre choix que de s’enfuir de chez elle en 2001 pour trouver asile dans un camp de réfugiés au nord du Kenya où elle est arrivée en 2002. C’est avec douleur qu’elle repense à son village où « tout a été détruit ».

Sans nouvelle de ses parents et ne sachant pas si ces derniers avaient survécu, elle a tout de même entrepris de reconstruire sa vie dans le camp de Kakuma, s’ajoutant ainsi aux milliers d’enfants qui ont fui le conflit soudanais.

Elle n’a appris que des années plus tard que ses parents étaient encore en vie. En revanche, elle n’a jamais eu l’occasion de les revoir, ni même de leur parler : « Depuis que je suis ici (au Kenya), je n’ai jamais pu communiquer avec eux ».

À l’école primaire, elle participa à plusieurs rencontres sportives où celle-ci gagna plusieurs courses. Malgré ces victoires, elle ne croyait pas en son talent jusqu’à ce que des entraineurs professionnels qui cherchaient des athlètes prometteurs pour participer à un camp d’entraînement sportif d’élite croient en elle et lui expliquent à quel point cette dernière était une coureuse exceptionnelle sur le plan de la vitesse et de l’endurance, et ce, à sa plus grande surprise.

Comme cette dernière l’explique : « J’ai été très surprise […] quand j’étais à l’école primaire, j’avais l’habitude de courir pour m’amuser. Mais, durant la sélection c’était comme un tribunal, et tout d’un coup ils vous disent : ‘vous allez vous entrainer avec nous’ ».

Et ce verdict sera l’élément déclencheur de sa carrière, mais aussi de sa nouvelle vie et de tous ses espoirs. Anjelina a eu la chance de s’entrainer parmi les meilleurs et notamment au côté de Tegla Loroupe, ancienne marathonienne championne olympique qui a formé quatre de ses collègues qui participeront eux aussi aux JO sous la bannière olympique.

Quand elle a appris sa sélection officielle aux Jeux olympiques de cet été, ses parents, qui ont tant souffert l’année dernière de la faim, sont tout de suite venus à son esprit. Son objectif est désormais clair : gagner l’épreuve d’athlétisme du 1.500 mètres à Rio pour aider ses parents et « construire une maison plus confortable pour mon père ».

Quand on lui demande ce qu’elle pense de l’initiative du CIO d’avoir créé une équipe de réfugiés, elle explique qu’elle croit fermement que ce projet constitue une source d’inspiration pour les autres réfugiés ou personnes déplacés dans le monde entier : « Je suis heureuse, car c’est la première fois que des réfugiés seront représentés aux Jeux olympiques, cela inspirera d’autres réfugiés, car, peu importe où ils sont, ils verront qu’ils ne sont pas juste les ‘autres personnes’. Ils seront les premiers à bénéficier d’un encouragement quant à leur capacité à réussir malgré tout ».

Désormais, nous ne lui souhaitons qu’une chose: gagner pour pouvoir un jour serrer de nouveau ses parents dans ses bras.

Pour visionner son portrait :

Camille Saulas. 

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