Société

Ankara : Inauguration de la mosquée du palais présidentiel

Le président Recep Tayyip Erdoğan inaugure aujourd’hui, l’ouverture au public de « la mosquée du peuple de Beştepe » construite dans le luxueux et controversé palais présidentiel d’Ankara. Un supposé effort à l’encontre des critiques liées aux dépenses colossales engendrées par la construction du palais.

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En plein mois du ramadan, le président inaugure aux côtés des principaux dignitaires du pays, de son Premier ministre Ahmet Davutoğlu et du président de la direction des Affaires religieuses Mehmet Görmez, la mosquée du palais présidentiel.

Bestepe_2La mosquée de Beştepe est désormais ouverte au public depuis ce vendredi 3 juillet. Située à l’intérieur des locaux présidentiels, cette dernière occupe 1 200 mètres carrés et peut accueillir jusqu’à 3 000 fidèles. Entourée de quatre minarets d’une hauteur de 40 mètres, elle devient l’une des mosquées les plus hautes d’Ankara.

Comme un rappel de l’Empire ottoman, les motifs de la mosquée présidentielle représentent une « synthèse des architectures seldjoukides et ottomanes. »

Aux côtés de tout le personnel affrété au Palais, ayant déjà accès à la mosquée, M. Erdoğan déclare que l’ensemble des citoyens pourront également y prier en entrant par une porte différente.

Folie des grandeurs

Le symbole est fort : inauguré en octobre 2014, le palais présidentiel a été construit à l’emplacement d’une forêt acquise et aménagée par Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République turque en 1923.

Erdoğan, le tout premier président turc élu au suffrage universel, a souhaité la construction d’un immense palais censé incarner l’avènement d’une nouvelle République voire d’un nouveau régime politique : le projet de système présidentiel, fortement désavoué par les résultats des dernières élections. Supposé représenter le prestige historique de la Turquie, le palais s’étend sur 5 175 mètres carrés et aurait coûté plus de 400 milliards d’euros.

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Le « Palais blanc » présidentiel.

« Avec cet argent nous aurions pu envoyer trois satellites sur la planète Mars », ironise Umut Oran, député CHP (Parti républicain du peuple, principale force d’opposition). Alors que cette construction est dénoncée comme une première forme de dérive autoritaire, le président Erdoğan est de surcroît accusé de gaspiller les ressources de l’Etat à travers un palais de plus de 1 150 pièces.

Cette passion pour les grandeurs architecturales en tout genre ne s’arrête pas à la simple construction d’un palais présidentiel dans la capitale. Celle-ci s’initie aussi dans le paysage d’Istanbul, dont l’actuel président avait auparavant été le maire, à travers des projets urbanistiques pharaoniques comme le troisième pont sur le Bosphore, le troisième aéroport ou encore le Marmaray, une ligne de métro sous la mer de Marmara, d’une longueur estimée à 1,4 kilomètres et dont l’aménagement avait coûté dans les quatre milliards d’euros.

Mais, curieusement, les campagnes législatives du 7 juin ne sont plus favorables au président Erdoğan. Son parti politique, l’AKP (Parti de la justice et du développement), y perd pour la première fois la majorité absolue au Parlement. Un signe que le rêve de constructions toujours plus grandes et luxueuses, finit parfois par s’écrouler.

Jessica Mauzole

1 Comment

  1. trop de grandeur tue la grandeur

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