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« Anlatamıyorum » d’Orhan Veli : le poème turc le plus lu au monde

Le chef d’œuvre « Anlatamıyorum » d’Orhan Veli, grand poète turc du XXe siècle, est devenu le deuxième poème le plus lu au monde, selon un classement de la plus grande plateforme de poésie Lyrikline.

Chaque année, Lyrikline publie des statistiques sur les poèmes et les poètes à l’occasion du Festival de la poésie organisé à Berlin en juin. Comprenant plus de 1375 poètes, 12 312 poèmes, 84 langues et 18 000 traductions, c’est la plus grande plateforme multilingue de poésie contemporaine au monde.

D’après les données recueillies par la plateforme cette année, le poème « Anlatamıyorum » (« Je ne peux l’expliquer ») d’Orhan Veli est le deuxième poème le plus lu au monde.

En première position du classement, on trouve « Stufen » ; écrit par le poète allemand Hermann Hesse, prix Nobel de littérature en 1946.

Orhan Veli Kanık, né le 15 avril 1914 à Istanbul, était l’un des poètes les plus novateurs de la littérature turque du XXe siècle. C’est lui qui fut à l’origine de l’introduction du vers libre dans la poésie turque avec Nazım Hikmet. Il a écrit un grand nombre de ses poèmes avec le pseudonyme Mehmet Ali Sel.

Il est également le précurseur du courant « Garip » aux côtés d’Oktay Rıfat et de Melih Cevdet Anday. Signifiant « étrange », ce courant littéraire a eu une influence importante, surtout entre 1945 et 1950, sur la poésie turque de l’époque républicaine. Orhan Veli écrivait ses poèmes dans un style simple en utilisant des phrases courtes.

Il meurt prématurément, à l’âge de 36 ans. Il est enterré au cimetière d’Aşiyan, derrière le fort de Rumeli, l’un de ses lieux préférés.

 

Anlatamıyorum

Ağlasam sesimi duyar mısınız, (Si je pleure, entendrez-vous ma voix)
Mısralarımda ; (Dans mes vers 😉
Dokunabilir misiniz, 
(Pourrez-vous toucher,)
Gözyaşlarıma, ellerinizle ? 
(Mes larmes de vos mains ?)

Bilmezdim şarkıların bu kadar güzel, (Je ne savais pas à quel point les chansons étaient belles,)
Kelimelerinse kifayetsiz olduğunu 
(Et les mots insuffisants)
Bu derde düşmeden önce. 
(Avant d’éprouver cette douleur.)

Bir yer var, biliyorum ; (Il y a un endroit, je le sais,)
Her şeyi söylemek mümkün ; 
(Où l’on peut tout dire 😉
Epeyce yaklaşmışım, duyuyorum ; 
(Je sens que j’en suis assez proche 😉
Anlatamıyorum. 
(Je ne peux l’expliquer)

 

Eda Özdemir

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