International, Politique

Antonio Guterres sera le prochain Secrétaire général des Nations Unies

Mercredi 5 octobre, le Conseil de sécurité a procédé à un vote informel. À moins d’un retournement inattendu, le Portugais Antonio Guterres devrait succéder au Sud-Coréen Ban Ki-moon au poste de Secrétaire général des Nations Unies.2016-10-05-17-02-26Le 5 octobre, les quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont voté. Alors que c’était le sixième tour de scrutin, sur dix candidats en lice dans la course au poste de Secrétaire général, c’est la candidature de l’ancien Premier ministre portugais qui a été retenue.

À la suite du vote, Vitali Tchourkine, le représentant permanent à l’ONU de la Russie qui dirige le Conseil de sécurité durant le mois d’octobre, a déclaré à la presse : « après six tours de scrutin, nous avons aujourd’hui un favori et son nom est Antonio Guterres », avant d’ajouter : « Nous souhaitons tout le bien à M. Guterres en s’acquittant de ses devoirs de Secrétaire général des Nations Unies ces cinq prochaines années »

Selon des sources diplomatiques, aucun des membres permanents du Conseil de sécurité – Royaume-Uni, États-Unis, Russie, Chine et France -, qui disposent d’un droit de véto, n’a voté contre sa candidature bien que l’un d’entre eux ait choisi le bulletin « sans opinion ». En prenant en compte les membres non permanents, treize auraient choisi le bulletin « encouragement », et deux se sont déclarés « sans opinion ». Ainsi, aucun État membre ne s’est prononcé contre la candidature du portugais qui a été le Premier ministre du Portugal entre 1995 et 2002.

Si neuf autres candidats étaient dans la course à la succession de Ban Ki-moon, qui a cumulé deux mandats de cinq ans, le résultat du vote de mercredi n’est pas une surprise. En effet, M. Guterres avait déjà terminé en tête des cinq scrutins précédents.

Néanmoins, de nombreux observateurs pensaient que le prochain Secrétaire général serait un candidat provenant d’un pays d’Europe de l’Est puisque c’est la seule région qui n’a encore jamais obtenu ce poste. En outre, la candidature bulgare de la seule femme en lice, Kristalina Georgieva, semblait bien engagée pour contrebalancer le fait que depuis la création de l’ONU seuls des hommes ont occupé le poste de Secrétaire général. La « semi-surprise » est d’autant plus grande que Vitali Tchourkine avait annoncé qu’il aimerait voir une femme, et particulièrement la commissaire européenne au Budget et ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, prendre la tête des Nations Unies.

Mais c’est finalement l’ex-Premier ministre portugais de 67 ans, socialiste et francophone, qui a conservé son avance du fait, notamment, que la candidature de la Bulgarie ait été mise en avant au dernier moment. Mais M. Guterres présente un atout de taille : ayant été le chef du Haut commissariat pour les réfugiés (UNHCR) durant dix ans, il est rodé à la machine onusienne et a fait ses preuves.

Malgré que les dés semblent jetés, la procédure est loin d’être terminée comme l’a souligné Vitali Tchourkine : « Nous avons décidé de procéder  à une élection formelle demain matin à 10 heures et nous espérons qu’elle aura lieu par acclamation ». Après le vote formel de jeudi 6 octobre, dont l’issue semble déjà écrite, une résolution du Conseil de sécurité devra être adoptée pour pouvoir présenter la candidature de Antonio Guterres à l’Assemblée générale des Nations Unies, la seule instance pouvant entériner son élection. Si M. Guterres reçoit alors un vote favorable, il prendra officiellement ses fonctions le 1er janvier 2017.

Camille Saulas. 

 

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