Politique

Après le 13 décembre

 

Le sursaut républicain annoncé par les sondages dès le jeudi 10 décembre 2015 s’est finalement produit. Ce sont les deux leaders du parti Les Républicains, ex-UMP depuis le 30 mai dernier : Xavier Bertrand pour le Nord Pas de Calais et Christian Estrosi pour la région PACA qui ont réussi à empêcher Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen de réaliser leur percée dans la nouvelle carte des treize régions françaises. 

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 Nous pouvons aussi souligner beau score de la candidate LR, Valérie Pecresse qui avec  43,80 %  a mis fin, en battant Claude Bartolone, aux dix-sept ans de présidence socialiste de la région parisienne. Le résultat est en effet sans appel puisque sept régions sont remportées par Les Républicains et cinq par une gauche qui malgré la conjoncture résiste mieux que prévu manifestement.

Sans doute, faut il y voir la conjonction de deux stratégies pendant l’entre deux tours. La première c’est l’incontestable appel au fameux Front Républicain anti FN dont tant d’analystes politiques depuis des années nous disaient qu’il ne fonctionnait plus et qui a pourtant admirablement fonctionner avec le report vers le leader anti FN le plus placé au second tour. La seconde c’est la mobilisation inespérée des abstentionnistes du premier tour avec 58,53 % qui renvoi au même type de mobilisation qu’il y avait eu après le 21 avril 2002. Là aussi le report devait se faire en faveur des candidats anti FN, on sait en effet depuis longtemps que les abstentionnistes ne sont pas les électeurs votant pour les extrêmes ceux-ci étant traditionnellement mobilisés en masse dès le premier tour.

Les élections régionales de 2015 auront été finalement une sorte de nouveau 21 avril, et donc simplement resté au degré de l’avertissement lancé au premier tour par les électeurs. On se souviendra qu’en 2002 c’est bien la faible mobilisation de l’électorat classique qui avait fait que Lionel Jospin s’est retrouvé en 3e position alors que l’ancien leader du FN, Jean-Marie Le Pen avec un électorat militant et fortement mobilisé sont parvenu à  produire cet incroyable résultat au premier tour.

Ce que nous venons de vivre, doit cependant maintenir notre vigilance car le Front National continue de se renforcer et de s’implanter. La direction rénovée autour de Marine Le Pen présentera à n’en pas douter un élément à prendre sérieusement en compte pour la présidentielle de 2017. Celle-ci devait d’ailleurs l’annoncer le soir du 13 décembre en stigmatisant les alliances PS-LR du Front Républicain et présentant la présidentielle de 2017 comme étant la bataille annoncée du « camp mondialiste » contre le sien celui, je cite « des patriotes ».

Olivier Buirette

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