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Après l’Ukraine, la Moldavie ?

moldavieAlors que la Crimée vient d’être annexée par la Russie, les regards commencent à se tourner vers la Moldavie. En effet ce pays comprend deux régions autonomes pro-russes à la frontière ukrainienne.

Qui a déjà entendu parler de la Transnistrie et de sa capitale Tiraspol ? Le nom de Gagaouzie, quant à lui, semble tout droit sorti d’une bande dessinée.
Pourtant ces deux régions existent belle et bien aux frontières de l’Union Européenne, plus précisément à l’est et au sud de la Moldavie. Ces provinces sont liées à la Russie que ce soit au niveau linguistique, religieux ou politique.

La Gagaouzie est une région turcophone autonome du sud de la Moldavie de 155 000 habitants dont la capitale, Comrat, compte environs 25 000 personnes. Proclamée République de Gagaouzie par Stepan Topal, elle dût renoncer à son indépendance suite à l’éclatement de l’URSS.
Les Gagaouzes, issus de la tribu des turcs Gök-Oğuz, sont très majoritairement chrétiens orthodoxes et russifiés.
Bien que possédant des ponts culturels avec la Turquie, la Gagaouzie est fortement liée à la Russie. Le 2 février dernier, la région a connu un vote à 95% pour une adhésion à l’Union douanière de Poutine et la possibilité de faire sécession au cas où la Moldavie serait intégrée à l’Union européenne. En effet, cela serait le signe d’un rapprochement avec la Roumanie, pays dont la Moldavie partage la langue, mais dont elle s’est séparée en 1991.
Cependant, la situation reste plus préoccupante dans l’est du pays, dans la région séparatiste de Transnistrie.

La Transnistrie, qui a pour capitale Tiraspol, est une région à majorité russophone de 500 000 habitants située à l’est de la Moldavie et longeant l’Ukraine. Autoproclamé République moldave du Dniestr, la province a fait sécession en 1990 et a pour président actuel Igor Smirnov. Cette république n’est officiellement reconnue par aucun État si ce n’est l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. La Russie, de son côté, reconnaît officieusement l’indépendance de la Transnistrie et distribue des passeports.

Suite aux violents affrontements dus à la séparation de la province et faisant environ 500 morts au début des années 1990, Moscou a décidé de rester présente militairement sur le territoire.
Avec environ 1500 soldats russes sur son sol, la Transnistrie constitue une enclave pro-russe en Moldavie. Bénéficiant de nombreuses aides économiques de Moscou, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement en gaz, la République séparatiste est aujourd’hui plus industrialisée que le reste du pays.

Cet engouement pro-russe s’est caractérisé dans les urnes par un vote à 97% en faveur d’un rattachement à la Fédération de Russie le 18 mars dernier, soit deux jours après le référendum en Crimée.
Selon Pierre Lorrain, spécialiste du monde post-soviétique et de la Russie, « l’absence de continuité territoriale rend très improbable un rattachement de la Transnistrie à la Russie ».
Cependant les troupes russes postées dans la région ont augmenté leurs manœuvres ces derniers jours.

Benjamin Baijot

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