Economie

Aquaculture : État des lieux

Il m’est agréable de revenir de temps en temps à des sujets que j’avais abordés dans le passé. L’aquaculture est l’un de ces thèmes qui me tiennent à cœur, d’autant plus que la prohibition de la pêche a été officiellement levée en septembre dernier.

Une dorade grillée à la turque. Fenerbahçe-Istanbul 

Le secteur des produits aquacoles est l’un des secteurs phares de l’économie turque du fait de son taux d’exportation qui a atteint des résultats significatifs. En effet, avec une exportation de 1,02 milliard d’USD en 2019, il est proche des objectifs fixés pour 2023. 

Selon les données des Associations Exportatrices des Produits Aquacoles et des Produits Animaux de Turquie (Türkiye Su Ürünleri ve Hayvansal Mamuller İhracatçı Birlikleri), la Turquie a exporté en 2019 vers plus de 80 pays 65,000 tonnes de dorades, 64,000 tonnes de perches et 22,000 tonnes de truites. Le chiffre d’affaires a atteint 162 millions d’USD pour la perche, 147 millions d’USD pour la dorade et 58 millions d’USD pour la truite. L’exportation du thon turc a rapporté 58 millions d’USD alors que celle du saumon de la mer Noire a atteint 9,3 millions d’USD. 

En Turquie, les produits aquacoles sont commercialisés sous quatre chapitres : la pêche en mer, la pisciculture, l’exploitation dans les eaux intérieures et les autres produits de mer. La pisciculture est surtout réalisée dans les eaux égéennes des provinces d’Izmir, de Muğla, de Balıkesir et d’Aydın. 

L’Union européenne (UE) est le premier importateur des produits aquacoles turcs, avec en tête la perche et la dorade. Il faut préciser qu’une coopération fructueuse entre la Turquie et l’UE existe dans ce secteur. Néanmoins, l’objectif des exportateurs turcs est assez diversifié avec la recherche de nouveaux marchés en République populaire de Chine, en Russie et en Afrique du Nord. Le secteur envisage aussi d’augmenter sa présence dans les pays prioritaires de l’exportation turque comme le Mexique, l’Inde, le Japon, les pays du Moyen-Orient, les républiques turcophones, les pays africains et le Brésil. 

La pandémie de la Covid-19 a secoué le secteur des produits aquacoles. Durant les six premiers mois de 2020, les exportations ont enregistré une baisse de 11 % par rapport à la même période de 2019, diminuant de 516 millions d’USD à 457 millions d’USD. Malgré tout, le besoin croissant de protéines dans la lutte contre ce fléau a créé de nouvelles opportunités. Le secteur a immédiatement pris les mesures sanitaires nécessaires et adéquates, et s’apprête à compenser ses pertes durant la seconde moitié de l’année et dans le courant de l’année 2021. Les exportateurs avaient l’habitude de participer à une dizaine de foires internationales tout au long de l’année, mais dans l’ère du « nouveau normal », ils se concentreront sur les plateformes numériques.  

Le secteur turc des produits aquacoles ne veut surtout pas s’endormir sur ses lauriers, mais souhaite également se pencher sur la consommation locale. Malheureusement et paradoxalement par rapport à sa situation géographique enviable, le pays étant entouré par trois mers et une mer intérieure, la Turquie demeure l’un des plus petits consommateurs du monde de produits aquacoles avec une consommation annuelle de 8 kg de poissons/produits aquacoles par personne. Ce chiffre atteint 37 kg en Espagne et 55 kg au Portugal. La consommation moyenne mondiale est de l’ordre de 20,5 kg par personne. 

Le secteur se rabat donc sur les réseaux sociaux pour faire connaître et apprécier les produits aquacoles au marché intérieur, en ciblant d’abord les enfants et les adolescents. Si l’on prend en considération la richesse de la cuisine traditionnelle et impériale turque où les produits de la mer sont mis en valeur, la consommation actuelle est frustrante. Mais restons confiants.

Bonne pêche, bon vent et bon appétit ! 

Eren M. Paykal

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