Art, Découverte, Société

Atelier photo au lycée Saint-Michel animé par le photographe Mathieu Ferrier

Revenons sur les coulisses de l’événement. C’est dans le cadre d’un atelier animé par le célèbre photographe français, Mathieu Ferrier, que les élèves du lycée Saint-Michel (Istanbul) ont pu travailler autour de la thématique de la peau. Durant une semaine, les élèves ont eu la chance de bénéficier des précieux conseils du photographe. Trois sujets ont été sélectionnés afin de laisser parler leur imagination par le biais de la photographie : « La peau, miroir de l’âme », « les sociétés et la peau » et « la peau retouchée ». À travers leurs regards, et grâce à cet atelier est née l’exposition « Peau… que révèles-tu ? » qui s’est tenue le 15 mai, dans la salle Jeanne d’Arc du lycée Saint-Michel. Mathieu Ferrier a pu échanger avec l’équipe d’Aujourd’hui la Turquie sur son travail de photographe et son parcours. Rencontre.

Quand avez-vous décidé de devenir photographe professionnel ? Quel a été votre parcours ?

J’ai commencé à prendre des photos au lycée, en seconde. Tout le long du lycée, j’ai dévoré la presse photo. Et c’est à partir de ma première année à l’université, alors qu’en discutant avec des photographes j’ai constaté que, techniquement, j’en connaissais autant – voir davantage – qu’eux, que j’ai décidé d’en faire ma profession. Je me suis dit qu’il fallait mettre en valeur ces connaissances. C’est donc en licence que j’ai vraiment pris la décision.

J’ai commencé par des études en histoire, puis j’ai continué avec l’histoire de l’art avant d’intégrer l’école des Gobelins, à Paris. J’avais envie de mêler la photographie, l’archéologie et les objets d’art. Donc, je me suis finalement destiné à la photographie d’objets d’art, mais j’ai auparavant exploré beaucoup d’univers. J’ai par exemple travaillé pour un magazine photo et j’ai été rédacteur technique ce qui m’a permis de découvrir la presse en intégrant la rédaction d’Elle et de Paris Match. Par ailleurs, j’ai travaillé pour une grande agence française de photo culinaire et j’ai écrit des livres aux Éditions Eyrolles sur les appareils photo. En faisant plusieurs choses à la fois, j’ai pu entreprendre le métier de photographe indépendant plus sereinement, notamment auprès des antiquaires.

Vous êtes spécialisé dans la prise de vue d’objets d’art et d’intérieur. Pourquoi ce choix ?

J’avais déjà une lecture un peu engagée, ou politisée, de la photographie. Je ne voulais donc pas travailler pour la publicité ou rentrer dans une démarche marchande. Je voulais m’investir pour la beauté de l’art, ce que j’ai fait pendant longtemps. Mais, avec la renommée, les clients changent. On se retrouve très rapidement à travailler pour des marchés dérivés. Je n’étais pas à l’aise avec ce processus.

Quelles sont vos sources d’inspirations ?

La lumière et le sens de la lumière. Ce qui m’intéresse, c’est de sentir quand il y a une belle lumière sur un objet à un moment précis, mais aussi sur des modèles vivants puisqu’aujourd’hui c’est plutôt le portrait qui m’intéresse.

Vous avez animé l’atelier au lycée Saint-Michel autour de la thématique de la peau. Comment s’est passée l’organisation de cet événement ?

J’ai découvert le lycée Saint-Michel il y a deux ans grâce au photographe Ferantte Ferranti qui animait un atelier avec le lycée Sainte Pulchérie et que j’avais eu l’occasion d’assister. J’avais fait part de mon désir de changement à M. Ducrot, le directeur du lycée Saint-Michel. Il m’a donc proposé d’animer un atelier. Et étant donné que mes nouvelles considérations tournent autour du cosmétique, j’ai trouvé qu’il serait intéressant dans ce cadre de travailler sur la peau. Par ailleurs, comme je fais partie de ceux qui veulent éviter de retoucher les photos et que je me forme aux cosmétiques depuis plus d’un an, j’estimais que j’avais des choses à leur transmettre notamment sur la façon dont la société conçoit la peau et la vision marchande de celle-ci. Car on constate aujourd’hui que la peau est présentée d’une drôle de façon. Elle est systématiquement retouchée et n’est représentée que par des marques de cosmétiques. Pourtant, la peau parfaite n’existe pas et ne doit pas exister.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui souhaiteraient devenir photographes professionnels ?

Contrairement à ce que disent certains, la technique reste primordiale. De plus, il faut faire une bonne école, car tout ne s’apprend pas dans les livres. De même, il faut avoir les bons outils et se tenir au courant des évolutions. Il est aussi nécessaire d’être ouvert et curieux, d’aller voir ce qu’il se fait dans tous les domaines. Enfin, comme dans toutes les professions, développer et entretenir son réseau est fondamental.

Propos recueillis par Tülin Ağaç

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *