Société

Attentat à Midyat : « le terrorisme n’intimidera ni l’Etat ni le peuple »

Un nouvel attentat à la voiture piégé frappe le siège de police à Midyat, dans le Sud-Est du pays à majorité kurde. Ce drame intervient au lendemain de l’explosion faisant 11 morts et 36 blessés à Istanbul.

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Un nouveau jour de deuil pour la Turquie. Un véhicule piégé a explosé devant le siège de police de Midyat. Le dernier bilan fait état de cinq morts (dont deux policières) et 51 blessés.

Selon la chaine CNN Türk, le barrage de sécurité du poste de police aurait été forcé par un camion bourré d’explosifs. Des policiers en faction auraient tiré sur le chauffeur qui aurait alors actionné la charge. Les images de la chaine montrent que le souffle de l’explosion a dévasté la façade du bâtiment de quatre étages.

Située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière syrienne, la ville de Midyat avait jusqu’ici été épargnée par le conflit entre les indépendantistes du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan, fondé en lutte armée depuis 1984) et les forces turques.

Ces récents drames surviennent alors que le pays a déjà été frappé par diverses attaques liées au conflit kurde ou au djihadisme, qui ont fait jusqu’ici des dizaines de morts et provoqué une chute considérable du tourisme.

Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, déclare à Ankara que beaucoup d’éléments nécessaires manquent avant de pouvoir déterminer les responsabilités de l’attaque. D’après les informations d’AFP, le Premier ministre turc, Binali Yildirim, attribue de son côté la responsabilité à « l’organisation meurtrière du PKK ». « Le terrorisme n’intimidera ni l’État ni le peuple », ajoute ce dernier.

Pour l’instant, l’attaque n’a pas été revendiquée, mais le choix de cibles policières et l’emplacement géographique de la zone à majorité kurde, portent les suspicions sur le PKK, qui a repris la lutte contre les autorités turques depuis juillet 2015 après l’échec de deux ans de négociations avec Ankara. Depuis 1984, année de passage à la lutte armée par ce mouvement pro-kurde, le conflit a tué près de 40 000 personnes. S’il s’avère que cet attentat est effectivement l’oeuvre de cette organisation, il s’agira d’une preuve supplémentaire s’il en fallait que le processus de paix est bel et bien entériné.

Chirine Riaz

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