Politique

Attentat d’Ankara : les pays étrangers rappellent leur soutien à la Turquie

Après l’explosion de deux bombes ce samedi 10 octobre aux environs de 10h00 devant la gare d’Ankara, faisant au moins 95 morts, les réactions à l’international sont nombreuses. Tous condamnent ce double attentat-suicide, qui a eu lieu lors d’une manifestation pour la paix organisée par les partis HDP (Parti démocratique des peuples, parti pro-kurde), EMEP (Parti du travail, se revendiquant du marxisme) et SGDF (Fédération des associations de la jeunesse socialiste).

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La veille à Istanbul, lors d’une conférence de presse, des artistes et syndicalistes avaient appelé à participer à ce rassemblement. Mais Selahattin Demirtaş, chef du HDP, a tout de suite réagi après les événements en prenant la sage décision d’annuler tout rassemblement de son parti jusqu’aux élections, le 1er novembre.

La communauté internationale soutient la Turquie et lui présente ses condoléances

Les pays étrangers ont bien sûr été nombreux à condamner le double attentat et à exprimer leur soutien à la Turquie face au terrorisme.

Le président français François Hollande a condamné dans un communiqué « l’odieux attentat terroriste » commis au plein cœur de la capitale turque. « Le président de la République adresse toutes ses condoléances au peuple turc », précise également l’Elysée. Le Premier ministre Manuel Valls a quant à lui réagi sur Twitter : « Face à l’horreur, soutien et solidarité aux familles des victimes de l’attentat d’#Ankara. Ensemble contre le terrorisme. » Une manifestation de soutien au peuple kurde et au HDP a eu lieu place de la République à Paris samedi après-midi, en présence notamment de Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de Gauche. Dans plusieurs villes de France comme Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse ou Bordeaux, d’autres défilés de soutien se sont spontanément organisés, rassemblant à chaque fois plusieurs centaines de personnes.

Du côté de l’Union européenne, il a été demandé à la Turquie de « rester unie » contre « les terroristes ». Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, s’est exprimée dans un communiqué commun avec Johannes Hahn, commissaire à l’Elargissement de l’UE : « Le peuple turc et toutes les forces politiques doivent rester unis face aux terroristes et contre tous ceux qui tentent de déstabiliser le pays, qui fait face à de nombreuses menaces. »

Barack Obama a également tenu à rappeler son soutien au peuple turc, indigné par la violence de l’attentat, qui plus est lors d’une action pour la paix. Selon le communiqué partagé par la Maison Blanche, « les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus fermes l’attaque terroriste horrible d’aujourd’hui à Ankara, en Turquie. Le fait que cette attaque ait eu lieu avant un rassemblement pour la paix souligne la perversion de ceux qui sont responsables ».

Le président israélien Reuven Rivlin a indiqué à son homologue turc sa volonté de rester uni contre la terreur avec les autres pays du Moyen-Orient. Dans une lettre, il a exprimé sa détermination : « Nous tous à travers le monde, mais particulièrement dans notre région, devons faire face à la menace du terrorisme qui tue et blesse les innocents sans distinction. Nous devons rester unis dans la lutte contre ceux qui font la promotion et l’usage de la violence plutôt que du dialogue et continuent de détruire les vies de tant de personnes. » Reuven Rivlin, visiblement affecté, s’est également dit « choqué et triste ». « Au nom du peuple d’Israël, je voudrais présenter nos sincères condoléances à Votre Excellence, au peuple de Turquie et à ses dirigeants », a-t-il formulé.

Au total, ce sont un grand nombre de pays, dont bien sûr les voisins de la Turquie, qui ont eu exprimé leur soutien au peuple turc.

Enfin, le pape François, ému, a tenu à adresser quelques paroles réconfortantes dimanche : « Hier, nous avons reçu avec une grande douleur la nouvelle de la terrible tragédie survenue à Ankara, en Turquie. Douleur pour les nombreux morts, douleur pour les blessés », a-t-il déclaré après la prière de l’angélus sur la place Saint-Pierre, « douleur parce que les auteurs de l’attentat ont frappé des personnes impuissantes qui manifestaient pour la paix. » Il a ensuite invité les milliers de personnes réunies sur la place à se recueillir en silence avec lui afin de prier pour « ce cher pays » et pour que Dieu « accueille les âmes des défunts et réconforte ceux qui souffrent et leurs proches ».

La Turquie souhaite elle « élucider au plus vite les circonstances de l’explosion »

Une rencontre a eu lieu dimanche entre le Premier ministre Ahmet Davutoğlu et le chef du Parti Républicain du Peuple (CHP) Kemal Kılıçdaroğlu au palais de Çankaya à Ankara. Les deux hommes ont souligné l’importance d’« élucider au plus vite les circonstances de l’explosion » afin de pouvoir punir les responsables, d’après un communiqué rendu public dans la journée.

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Le Premier ministre Ahmet Davutoğlu (droite) et le chef du Parti Républicain du Peuple Kemal Kılıçdaroğlu (gauche) au palais de Çankaya ce dimanche.

Dans le même communiqué, on peut également lire : « La réunion a examiné les moyens d’afficher une position commune à l’égard des actes terroristes qui ciblent l’Etat turc, son peuple, la démocratie et la paix dans le pays. »

Le communiqué précise également que la lutte contre le terrorisme doit se poursuive dans le cadre de la loi et ne pas influer sur la démocratie ni sur la sécurité, les deux mots d’ordre pour les élections du 1er novembre.

Malgré cette union affichée face à la terreur, Kemal Kılıçdaroğlu a demandé au terme de la réunion que les ministres de l’Intérieur et de la Justice démissionnent de leurs postes. « J’ai formulé cette requête au Premier ministre qui a répondu que l’affaire a été traduite aux enquêteurs et une décision sera prise à l’issue du rapport qu’ils soumettront », a-t-il dit.

Le Premier ministre a annoncé samedi trois jours de deuil national.

Noémie Allart

1 Comment

  1. En juillet l’attentat de Suruç qui a fait 33 morts a été commis par un kurde.
    Il est un peu tôt de désigner un responsable à l’attentat du Samedi dernier, mais un act de la part d’un courant radical du PKK n’est pas à exclure.
    Actuellement la Daech semble être le suspect numéro un… C’est très probable. Mais il na faut pas écarter la piste PKK et la piste des services secrets syriens. Bachar commence à se sentir des ailes depuis que son protecteur Poutine a pris de vitesse la Coalition anti-Daech.

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