Société

Attentat en pleine rive asiatique d’Istanbul

Hier, en début de soirée, un attentat à la voiture piégée a eu lieu à quelques mètres d’une caserne militaire dans le quartier de Sarigazi, dans le district stambouliote de Sancaktepe. Bien qu’aucun décès n’ait été signalé, au moins cinq personnes, dont des civils et des militaires, auraient été victimes de blessures.

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L’armée turque pour cible 

L’explosion du véhicule a été actionnée à distance, quelques instants après le passage d’un autobus militaire dans la rue Osmangazi Caddesi. Pour l’heure, elle n’a été été revendiquée par aucun groupe, bien que huit personnes aient été arrêtées par les forces de l’ordre dans la nuit du jeudi à vendredi. Ces individus, qui seraient membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ont été arrêtés après que la police ait procédé à 70 interventions simultanées dans les heures suivant l’attentat.

Selon le bureau du gouverneur d’Istanbul, Vasip Sahin, cinq militaires et trois civils auraient été légèrement blessés par des débris de verre. Ces chiffres ont été largement relayés par la presse, bien que certains journaux aient fait état d’un nombre inférieur de blessés.

Le bilan aurait cependant pu être bien plus lourd si la bombe avait été actionnée quelques instants plus tôt. En effet, à en juger par les images d’une caméra de surveillance, la déflagration était particulièrement puissante. Son écho a d’ailleurs été entendu par un boulanger à plus d’un kilomètre du site. Notons également que le quartier populaire se trouve en banlieue d’Istanbul, dans un endroit très peu fréquenté par les touristes. Les habitants de Sarigazi l’ont donc échappé belle.

Vers 21h30, les barrages policiers étaient toujours maintenus.

Vers 21h30, les barrages policiers étaient toujours maintenus.

Et la vie a repris son cours à Sarigazi 

Quelques heures plus tard, la vie avait repris son cours dans le quartier, hormis la présence militaire plus marquée qu’à l’habitude. Une partie de la rue de Osmangazi Caddesi a également été bloquée par les forces de l’ordre, perturbant ainsi la circulation ainsi que certaines lignes de transports en commun. Il est également à noter que le dispositif de sécurité de la station de métro Kartal, la plus proche des lieux, semblait être renforcé à en juger par les nombreuses fouilles que les journalistes d’Aujourd’hui la Turquie ont pu observer.

Hier soir, un commerçant à quelques pas du site de l’explosion commentait : « Mes employés sont choqués et détachés à la fois. Nous sommes plus prudents, mais notre vie continue sans réel chamboulement ».

Bien que les habitants n’aient pas été particulièrement ébranlés par ces évènements, il n’en demeure pas moins que la rive asiatique d’Istanbul est moins sujette aux attentats que sa partie européenne. Le dernier attentat d’importance du côté asiatique remonte au 10 août 2015, lorsqu’un véhicule a explosé à proximité d’un commissariat du district de Sultanbeyli, blessant cinq policiers et deux civils.

En outre, il convient de noter que quelques heures après l’attentat de Sarigazi, une autre opération terroriste avec le même mode opératoire a éclaté dans la banlieue de Diyarbakir, ville du sud-est de la Turquie. Si le bilan n’est pas le même, puisque quatre personnes sont décédées et 17 blessées, de fortes similitudes sont observables. Dans les deux cas, les voitures piégées ont été actionnées à distance, dans les banlieues de grandes villes, ne touchant que des locaux et des militaires. N’ayant pas été revendiqués, le doute plane quant à savoir si ces évènements sont isolés, ou s’ils s’inscrivent dans une visée commune.

Kiymet Altan, Yasmine Mehdi 

 

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