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Au rythme de Kim Jong-un

Le 15 août, la Corée du Nord a retardé ses horloges de 30 minutes et s’est donc émancipée du fuseau horaire imposé par l’Empire nippon en 1912.

KIM-JONG-UN

Le samedi 15 août 2015 entre officiellement dans l’histoire de la Corée du Nord. Les horloges nord-coréennes ont toutes été retardées de trente minutes. Changement apparemment insignifiant et pourtant : en choisissant son propre fuseau horaire, les Nord-Coréens s’émancipent de l’heure imposée en 1912 par le Japon qui avait colonisé la Corée en 1905. Le protectorat nippon, renforcé par un traité d’annexion en 1910, avait eu raison de la résistance des Coréens. Ce n’est que le 15 août 1945 avec la reddition du Japon et la division de la Corée en deux que la Corée du Nord avait retrouvé son indépendance. « Les cruels impérialistes Japonais ont commis tant de crimes impardonnables, allant jusqu’à priver la Corée de son heure standard tout en piétinant ses terres, sans aucune merci », a retransmis L’agence centrale de presse nord-coréenne, (KCNA).

La Corée du Sud avait, quant à elle, déjà pris l’initiative de changer d’heure en 1954, mais était revenue au fuseau horaire nippon sept ans plus tard, suite au coup d’Etat militaire qui avait porté Park Chung-Hee au pouvoir. Ce dernier souhaitait ainsi ménager les deux plus grands alliés de la Corée du Sud que représentaient selon lui les Etats-Unis et le Japon. C’est donc certes une rupture avec l’ancien impérialisme japonais que la Corée du Nord souligne avec cette mesure, mais aussi une différence supplémentaire avec la Corée du Sud : « A plus long terme, il pourrait y avoir des conséquences sur les efforts pour unifier les normes et réduire les différences entre les deux pays », a annoncé un porte-parole du ministère de l’Unification sud-coréen.

Kim Jong-un a ainsi participé samedi dernier à la liesse populaire qui célébrait cette nouvelle « affirmation de l’indépendance nord-coréenne », dénonçant ainsi ce qui était vu comme des exactions soumises par les Japonais colonialistes. Les violations des libertés des Coréens par l’Empire nippon sont communément condamnées par le peuple de Kim Jong-un et un profond sentiment d’animosité est aussi partagé avec la Corée du Sud. Mais la disparition d’un oppresseur signe parfois l’arrivée d’un autre : la dynastie Kim règne ainsi depuis plus de six décennies sur la Corée du Nord.

Laurianne

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