Cinéma, Culture

Avec « Le Client », le réalisateur iranien Asghar Farhadi « perse » encore dans le cinéma

Cinéaste à succès, Ashgar Farhadi est devenu l’un des maîtres du drame psychologique. Une séparation, le Passé et le dernier né Le Client sont des chefs d’œuvres du 7ème art. 

Asghar Farhadi at Statdkino Wien during Viennale 2009

Le réalisateur iranien, Ashgar Farhadi, a clôturé le 69ème festival de Cannes avec son dernier film Le Client. Avec son bouc velu et son regard noir perçant, il est devenu l’un des cinéastes les plus côtoyé de la croisette. Il invente seul des scénarios dans lesquels ses personnages sont dans des situations invraisemblables. Portrait.

« Je fais d’abord mes films pour les Iraniens. Pas pour les festivals étrangers. »

Homme de théâtre et de lettre, Asghar Farhadi a fait des études en art dramatique à l’Université de Téhéran. Il écrivait des scénarios pour la télévision iranienne. Il s’est énormement inspiré de ses confrères Tchekhov et Ibsen pour le théâtre, et Ingmar Bergman et Krzysztof Kieslowski, les maîtres du cinéma du néoréalisme italien. Il a donc réalisé un premier long métrage Danse dans la poussière, quasiment introuvable. Sa notoriété nationale et internationale a pris de l’ampleur à la sortie des films Les enfants de belle ville et La fête du feu. Il est véritablement sorti de l’anonymat grâce à son long métrage À propos d’Elly, qui lui a valu quelques problèmes avec les autorités iraniennes. En 2012, c’est la consécration avec le succès d’Une sépa­ra­tionCe film a raflé le Golden Globe, l’Os­car ainsi que le César du meilleur film étranger. 2013 est aussi une année prolifique pour le cinéaste avec le film Le Passé qui décroche cinq Césars et un Golden Globe. Pour la 69ème édition du festival de cannes, l’iranien est ressorti avec un doublé pour son petit dernier Le Client. Il a en effet obtenu le prix du meilleur scénario et le prix d’interprétation masculine décerné à Shahab Hosseini, l’acteur principal. Les films d’Asghar Farhadi sont des vrais bijoux du 7ème art.

Un style bluffant et réaliste

A la manière de Woody Allen, Asghar Farhadi puise sa force dans des dialogues abondants et profonds. Le réalisateur perse, homme de logique et de raison, pousse ses films à un réalisme absolu. Il examine le comportement des humains face à eux-mêmes, mais aussi face à la société. Il a déclaré au magazine Indiewire que « la tragédie classique reposait sur la guerre entre le bien et le mal. Nous voulions la défaite du mal et la victoire du bien. Mais dans la tragédie moderne, la bataille oppose le bien et le bien. Et peu importe quel camp gagne à la fin, on aura de toute façon le cœur brisé ». Son talent transparaît notamment dans sa mise en scène fluide. Il trouve presque souvent l’axe parfait. Parfois la caméra s’éloigne de l’action pour dévoiler une mise en scène différente avec en toile de fond l’Iran, ses paradoxes et contradictions.

Il s’agit donc d’un cinéaste qui nous fait porter un autre regard sur la société iranienne. Ses films sont et seront attendus avec impatience.

D.A.

 

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