International, Politique

Bachar al-Assad ne lâchera rien

Le président Bachar al-Assad s’est exprimé mardi dernier devant les 250 nouveaux députés du Parlement de Damas au sujet de « la guerre contre le terrorisme » qui se déroule en Syrie.

205817588_3f5525918e_oAprès cinq ans de conflit, trois cycles de négociations sous les auspices des Nations-Unies (ONU) en plus de la violation de la résolution 2254 du Conseil de Sécurité du fait de la rupture par le régime syrien du cessez-le-feu qu’elle imposait, les combats contre les forces rebelles ont repris de plus belle depuis le mois d’avril.

Cela n’a toutefois pas empêché des élections législatives d’être tenues dans les zones contrôlées par le régime le 13 avril dernier. Si celles-ci ont été contestées et dénoncées par la communauté internationale, Bachar al-Assad a ravi de nouveau et de façon prévisible la majorité des sièges. Ce dernier s’est ainsi exprimé pour la première fois depuis juin 2012 sur la guerre en Syrie devant les nouveaux députés syriens qui ont pris leur fonction le lundi 6 juin.

Dans son discours au Parlement, Bachar al-Assad s’est montré inflexible quant à sa volonté d’écraser l’opposition et de reconquérir l’intégralité de la Syrie : « De la même manière que nous avons libéré Palmyre, nous libérerons chaque centimètre de notre territoire […] nous n’avons pas d’autres options que la victoire ». C’est donc fort de la reconquête de Palmyre en mars dernier et du soutien russe depuis septembre 2015, que le Président syrien s’est montré confiant.

Le chef d’État s’est aussi opposé à davantage d’ouvertures dans les négociations avec les forces de l’opposition qu’il englobe sous le terme de « terroristes », estimant que : « Nous [le régime syrien] n’accepterons d’inclure aucun sujet en dehors de ce que nous avons présenté à l’ONU. »

Bachar al-Assad fait ici référence à un document présenté à Genève qui prévoit que la Syrie soit dirigée par un « gouvernement d’unité ». Il réaffirme alors sa détermination à barrer la route à une éventuelle mise en place d’un « gouvernement de transition ». En outre, n’ayant pas reçu de réponse de l’ONU à ce sujet, le président syrien estime que les négociations n’ont « pas réellement commencé. »

Enfin, il n’a pas manqué de mentionner la Turquie en stipulant que la reprise d’Alep aux rebelles syriens marquerait la fin des espoirs du Président turc de voir le régime alaouite tomber alors que celui-ci est accusé par Bachar al-Assad d’y envoyer des miliciens.

En plus d’inquiéter Ankara, ce discours risque de radicaliser et d’enflammer davantage l’opposition et nuire à toute concrétisation des négociations pour une solution politique en Syrie ; dénouement qui semble s’éloigner un peu plus chaque jour.

Camille Saulas

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