Economie

Baisse du déficit de la balance commerciale au mois de juin 2015

Selon les chiffres du l’Institut turc des statistiques (TUIK), déficit du commerce extérieur a baissé de 21,6 % par rapport à la même période en 2014. Le pays profite ainsi de la baisse des prix de l’énergie, mais reste menacé par une baisse de la livre turque.

Commerce extérieur

Le déficit du commerce extérieur est passé de près de 8 milliards de dollars à 6,2 milliards entre juin 2014 et juin 2015. De bons chiffres en apparence seulement, car le rapport du TUIK, publié ce 31 juillet, montre un ralentissement des exportations de 6,9 %, compensé par une baisse des importations de 12,5 %. Il semble donc que ces résultats favorables soient avant tout une conséquence de la baisse de prix de baril de pétrole de près de 60 % en un an.

Le rapport montre également que le premier partenaire commercial de la Turquie reste l’Union européenne, bien que les échanges avec les voisins européens aient baissé de 6,6 %. En termes de partenaires principaux, c’est vers l’Allemagne que la Turquie exporte le plus (1, 138 milliard de dollars au mois de juin), suivie du Royaume-Uni et de l’Irak. Les importations quant à elle proviennent surtout de la Chine, de l’Allemagne et de la Russie.

Une politique commerciale active

La Turquie profite de bonnes relations avec ses principaux partenaires commerciaux. Ainsi Alexander Novak, le ministre russe de l’énergie, a annoncé ce vendredi 31 juillet que la Turquie pourrait bénéficier d’un rabais de 10,25 % sur l’importation de gaz, bien que le projet de Turkish Stream soit au point mort. En outre, le président Recep Tayyip Erdoğan, en visite en Chine cette semaine, a indiqué vouloir créer un partenariat de libre-échange entre les deux pays. Un projet qui vise à long terme les 100 milliards de dollars d’échanges commerciaux entre les deux pays, contre 27,8 milliards en 2014.

En outre, les investisseurs peuvent tabler sur une baisse durable des prix de l’énergie. Cet effondrement des prix du baril est dû principalement à une stratégie des pays producteurs, Arabie Saoudite en tête, de vouloir inonder le marché pour faire baisser les prix et rendre la production américaine de gaz schiste peu rentable. Selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le baril peut rester en dessous de 89 dollars pendant encore dix ans grâce à cette guerre des prix.

Un environnement économique encore incertain

Cependant tous les indicateurs ne sont pas au vert. Au vu des bons résultats de l’économie américaine, la Banque centrale des États-Unis, la FED, envisage sérieusement de mettre fin à sa politique accommodante par une remontée de ses taux d’intérêt. Or cette politique profitait à la Turquie, puisque l’excès d’épargne et les taux bas poussaient les acteurs financiers à placer leur argent dans d’autres pays. Concrètement donc, un retournement des taux inciteraient alors les investisseurs à quitter la Turquie pour revenir vers les places boursières américaines.

Erdem Başçı, gouverneur de la Banque centrale turque.

Erdem Başçı, gouverneur de la Banque centrale turque.

Un risque dont a conscience la Banque centrale turque. Son gouverneur, Erdem Başçı, a tenté de rassurer cette semaine en conférence de presse. Pour lui, une remontée des taux américains n’aurait pas d’autres conséquences qu’une légère progression de l’inflation, due à une baisse de la valeur de la livre turque face au dollar. En cas de chute incontrôlée de la monnaie, l’inflation renchérirait grandement le prix des produits importés, et donc le coût de la vie.

Mais plus que la politique monétaire américaine, le vrai danger pour l’économie turque est l’instabilité politique montante, qui à terme pourrait faire fuir les investisseurs. Ainsi, cette semaine la monnaie turque a atteint son plus bas niveau depuis le mois de juin dernier, chutant à 2,79 dollars, soit une perte de 2,75 % en cinq jours seulement.

Antoine Rolland

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