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Base militaire d’İncirlik : les Etats-Unis mènent les premiers raids de drones armés

Dans le cadre de la coopération renforcée entre la Turquie et la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique, l’armée américaine vient tout juste d’effectuer des raids aériens depuis la base d’İncirlik, les premiers depuis l’accord.

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Le capitaine Jeff Davis, porte-parole du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du nord (NORAD), a déclaré ce lundi que l’armée américaine avait mené ses premiers vols de drones armés en Syrie depuis la base militaire d’İncirlik, dans le sud de la Turquie. L’utilisation de cette base avait longtemps fait débat au sein de la coalition anti-Daech, Ankara ayant toujours refusé son utilisation par l’armée américaine, et ce jusqu’à la semaine dernière.

Des vols armés mais pas de frappes aériennes

« Aucune frappe aérienne n’a encore été menée à ce jour », a déclaré Davis lors d’une conférence de presse organisée par le Pentagone. Il a cependant indiqué qu’elles auraient lieu prochainement, sans évoquer de date précise pour le lancement de ces frappes.

Des vols de surveillance avaient déjà été effectués au cours de la semaine dernière, mais jamais encore par des drônes armés comme ce fut le cas ce week-end.

L’utilisation d’İncirlik en échange d’une zone-tampon entre la Turquie et la Syrie

L’utilisation de la base d’İncirlik s’inscrit dans une démarche de renforcement des relations entre la Turquie et les Etats-Unis, qui a réellement débuté depuis le 23 juillet dernier. En échange de l’aval donné par le président Erdoğan à son homologue américain pour l’utilisation de la base, la Maison Blanche se serait déclarée favorable à la mise en place d’une zone-tampon s’étalant du nord de la Syrie au sud de la Turquie.

Ce projet de zone-tampon était un souhait de longue date pour l’administration Erdoğan ; souhait jusqu’ici refusé par Washington. La suggestion seule de ce projet avait d’ailleurs suscité de vives inquiétudes dans les milieux pro-kurdes, qui avaient remis en question les bonnes intentions d’Ankara.

Pour de nombreux sympathisants de la cause kurde, en effet, cette zone-tampon ne servirait, à terme, qu’à endiguer l’avancée du YPG (Unités de protection du peuple) qui mène une guérilla pour la création d’un Kurdistan au nord de la Syrie. Au vu nombre de raids effectués par l’armée turque en Irak sur les positions du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) – plus de soixante, contre trois seulement menée en Syrie contre l’EI –, ces inquiétudes ont eu tôt fait d’être confirmées.

Turquie/Etats-Unis : des relations au beau fixe

Ainsi, depuis les quelques frappes menée par la Turquie en Syrie ainsi que l’autorisation donnée aux Américains pour l’utilisation des bases militaires d’İncirlik et de Diyarbakır, les relations entre les deux membres de la coalition anti-Daech sont au beau fixe, Washington s’étant même déclaré ouvert à l’idée d’une zone-tampon entre la Turquie et la Syrie, malgré les risques encourus pour les milices kurdes si un tel projet venait à se réaliser.

 

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