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Beşiktaş au rendez-vous contre des Gunners en demi-teinte

Alors que Fenerbache et Galatasaray sont d’ores et déjà qualifiés pour la Ligue des Champions, Beşiktaş se doit de passer par l’étape fatidique des préliminaires et comme à chaque mois d’Août depuis des années, Arsenal s’y colle. Hier, leur route se sont rencontrés et c’est à Beşiktaş que nous nous sommes rendus pour vibrer au gré des chants des supporters du quartier.

Beşiktaş

Beşiktaş – Arsenal

Le quartier de Beşiktaş était noir et blanc

Mardi 19 août, les quelques passants n’arborant pas fièrement les couleurs du club stambouliote à Beşiktaş se comptaient sur les doigts d’une main. L’euphorie était telle que certains supporters ont même osé exhiber leur maillot à Kadıköy, au milieu des terres de Fenerbahce. Mais pas de heurts ni d’affrontements à la vue du maillot rival, hier c’était la Turquie qui jouait Arsenal. Aujourd’hui la Turquie s’est fondu dans la masse, et s’est perdu pour vous dans le dédale des rues adjacentes à la statue de l’aigle. Le brouhaha joyeux de ces soirées de match donne une allure particulière au quartier. Le soleil ne s’est même pas encore couché que déjà, la folle farandole des supporters commence à chanter et à danser dans les rues pavées qui arborent le marché aux poissons. On se croirait à l’approche du stade, tant se multiplient vendeurs d’écharpes et hymnes partisans, tout en restant dans un cadre beaucoup plus intimiste. On sent dans ses vieilles ruelles où les éclairages commencent à s’embraser les plus de cent années d’histoire du club. La communion qui règne là n’est pas seulement une passion partagée, c’est une famille qui se retrouve, et elle se veut d’autant plus solidaire que l’adversaire se fait dangereux. Bars et cafés se pressent de finaliser les derniers préparatifs. Les rues se remplissent rapidement, des rangées de fauteuils et de chaises remplacent les trottoirs et les devantures de magasins. Tout le quartier se transforme en un espace de projection du match tant attendu. Déjà la bière coule à flot, les hymnes, plus nombreux et plus bruyants vous annonce que l’heure fatidique approche. Il ne nous reste qu’à nous installer, au plus proche des fans du BJK, là dans ces ruelles où la clameur est reine.

Beşiktaş

Beşiktaş

Les minutes défilent et la tension monte. Les compositions apparaissent, on se concentre et on discute, les chants quant à eux laissent place à l’attente et à l’émotion. Hier, l’émotion était d’autant plus forte, étant donné qu’il s’agissait là du premier match depuis la mort de Süleyman Seba, président légendaire des Aigles Noirs. La minute de silence sur le terrain s’est traduite par un tonnerre d’applaudissement dans les rues qui longent le Bosphore, suivi d’un chant saluant celui qui fut pour eux le “meilleur président”. Puis le match a commencé. La frappe de Demba Ba, tirée du rond central à la première seconde, arrivant pleine lucarne et arrêtée de justesse par Wojciech Szczesny, a donné le ton des 90 minutes à venir. Chaque action, chaque percée, chaque drible des aigles noirs, décidément plus envieux de gagner hier soir, s’est suivi d’une série de hurlements. Les hymnes se répétaient et s’enchainaient, tout le monde là-bas les connait et les entonnent en chœur. On saluait l’arbitre pour chacune des fautes sifflées contre Arsenal, et on le maudissait, quand il osait s’en prendre à Beşiktaş. Certains enchainaient les bières, d’autres s’enfumaient au narguilé, mais tous tremblaient au rythme des passes qui s’enchainaient sur la pelouse du Stade Olympique. A chaque occasion, on se levait et on gueulait jusqu’à n’en plus pouvoir, on levait les bras en regardant nos camarades sourire, joyeux de voir un BJK faire face avec tant de grandeur au club londonien.

Un rapport de force inversé

137409En effet, jouer ici à Istanbul n’est jamais facile pour n’importe quel club étranger, on le sait, qu’il s’agisse d’une grande équipe ou non, le traitement qui leur est réservé est le même, beaucoup d’intimidation sous les sifflements incessants. D’ailleurs les déboires de la Juventus et du Real-Madrid face à Galatasaray dans les deux dernières années sont là pour nous le rappeler. Hier, on en a eu confirmation. Le petit poucet que forme Beşiktaş a bien failli faire tomber Goliath. Les joueurs d’Arsène Wenger semblaient terrorisés, des contrôles ratés, des passes approximatives, des enchainements manqués. Mise à part un incroyable Alexis Sanchez s’apparentant hier à un Diego Maradona des grands jours, Arsenal n’a pas convaincu, pire, Arsenal a déçu. A l’inverse, les joueurs de Slaven Bilić faisaient preuve d’une intensité sans demi-mesure, en remportant quasiment tous les duels aériens. BJK avait la main mise sur le milieu de terrain et par là sur le match. Certes, les « Gunners » ont tapé le poteau, certes, on frissonnait lorsqu’ils attaquaient en contre. Cependant, c’est bien la magie de Demba Ba qui nous envahissait hier. Si les amateurs de football ont pu vibrer devant ce match, c’est bien grâce au club stambouliote. Après une première période très limite défensivement, Beşiktaş est revenu en seconde mi-temps avec une charnière centrale impériale et un collectif bien rodé, enchainant les passes en première intention. On regrette toutefois un manque de réalisme pour BJK, de quoi nourrir quelques regrets quand on sait que revenir gagnant de l’Emirates Stadium ne sera pas une mince affaire. En tout cas, cette équipe de Beşiktaş nous a montré hier qu’elle avait plus que jamais les armes pour cette nouvelle saison de SuperLig.

Malgré le match nul, chacun regagnait finalement joyeusement son foyer, bercé par les orchestres improvisés qui se baladaient et animaient une dernière fois le quartier sous le regard amusé du grand aigle adulé.

 

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