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Beyrouth : la crise des ordures s’envenime

Des échauffourées ont de nouveau éclaté dimanche dans la capitale libanaise entre la police et des manifestants venus en nombre pour protester contre la crise des ordures. Au total, les heurts ont fait 70 blessés et mettent en lumière un gouvernement paralysé et divisé depuis un an.

Dechets

Des semaines que la situation est au point mort et que les ordures jonchent les rues de Beyrouth et ses banlieues. Depuis la mi-juillet, une crise sanitaire sans précédent secoue le Liban.

La décharge de Naamé, l’une des plus importante du pays et en activité depuis 18 ans, a fermé ses portes. Elle desservait la région du Mont-Liban, Beyrouth et ses banlieues, région qui englobe près de la moitié de la population libanaise.

De plus, le contrat de la compagnie privée Sukleen, en charge de la récolte des déchets dans cette zone, a pris fin. Cette compagnie dirigée par un proche de l’ancien Premier ministre Saad Hariri était en position de monopole.

Le prix du traitement des déchets pratiqué par Sukleen est l’un des plus chers au monde et avoisine les 140 euros par tonne. Une situation qui, couplée avec la manque de transparence de l’entreprise, accroit les soupçons de corruption à son égard.

Des manifestations qui dégénèrent

Face à cette crise, le collectif « Vous puez » a lancé un mouvement de protestation et rassemblé des milliers de libanais. Mais dimanche, les manifestations ont dégénéré, faisant près de 70 blessés.

Les affrontements violents ont éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants.  Environ 200 jeunes, le visage couvert, ont jeté des projectiles sur la police et brulé une moto. Les policiers présents ont réagi en utilisant des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Certains coups de feu ont également été entendus.

Afrrontements

Le porte-parole de « Vous puez », Joey Ayoub, s’est dissocié de ces débordements en déclarant à l’AFP : « Nous n’avons rien à faire avec ce groupe et cette violence. » La manifestation de dimanche avait réuni des milliers de personnes dans une atmosphère très conviviale près du Sérail, demeure du Premier ministre. C’est plus tard dans la soirée que la situation s’est dégradée.

Un problème politique plus profond

Mais les violences de ce week-end ne sont que l’illustration de problèmes plus profonds. Depuis un an, le Liban est sans chef d’Etat et le Parlement se retrouve complètement paralysé par les divisions.

Le pays est divisé entre deux coalitions : celle menée par le Hezbollah chiite, et celle dirigée par l’ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri. De plus, la guerre en Syrie ne fait qu’aggraver la situation.

La crise des ordures n’est finalement qu’une partie de la contestation. Elle cristallise le mécontentement de la population libanaise face à la situation politique de leur pays. D’ailleurs lors de la manifestation de dimanche, les slogans se sont vite transformés pour exiger la démission du gouvernement et un changement de régime.

Claire Villalon

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