Société

Bloquer les réseaux sociaux après un attentat, entre sécurité et contre-productivité

L’accès à différents réseaux sociaux, dont Facebook et Twitter, a été bloqué en Turquie quelques heures après l’attentat-suicide qui a fait plusieurs dizaines de morts mardi à l’aéroport Atatürk d’Istanbul.

L'accès aux réseaux après l'attentat est, pour l'instant, toujours limité en Turquie.

L’accès aux réseaux après l’attentat est, pour l’instant, toujours limité en Turquie.

Une mesure radicale. Pas d’images, pas de vidéos et tout autre contenu susceptible de « créer la polémique et le chaos » sur les réseaux sociaux. Après les attentats suicides perpétrés au sein de l’aéroport Atatürk d’Istanbul, mardi dernier, ayant coûté la vie à 41 personnes, les autorités turques ont pris des mesures drastiques : bloquer l’accès à Twitter et Facebook, pour ne citer que les plus connus.

Ce n’est pas une première, les autorités turques procédant régulièrement à des blocages partiels ou à des ralentissements intentionnels d’Internet après des attentats, pour éviter la diffusion d’images des tueries ou de fausses rumeurs. En 2015, le gouvernement avait temporairement bloqué YouTube, Facebook et Twitter pour stopper la diffusion d’images de la mort de Mehmet Selim Kiraz, le procureur tué le 31 mars après une prise d’otage au tribunal d’Istanbul.

Le pays a par ailleurs introduit en mars 2015 des amendements à sa loi Internet, qui permet au gouvernement de soumettre directement au régulateur des télécoms des contenus à bloquer sur Internet.

Quelle stratégie du gouvernement ?

En plus de porter atteinte à la liberté d’information, cette mesure peut être contre-productive. Après l’attentat-suicide de mardi soir, la Croix Rouge turque a diffusé un appel aux dons de sang pour soigner les blessés, tandis que la compagnie aérienne Turkish Airlines a publié des mises à jour destinées à ses passagers, indique un journaliste turc. Ces messages, publiés sur les réseaux sociaux, n’ont pu toucher les internautes victimes du blocage Internet.

En outre, de nombreux utilisateurs se sont plaints de ne pouvoir utiliser l’outil Safety Check de Facebook pour rassurer leurs proches, à cause de la censure imposée par le gouvernement. Selon le site Numerama, « il était possible de se servir du  »Safety Check » pendant un petit moment avant que celui-ci ne soit plus accessible à cause du blocage », et ce sans passer par un VPN.

Guillaume Almalech-Asmanoff

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