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Boko Haram lance une série d’attentats au Nigéria et au Cameroun

La Turquie n’est pas la seule à avoir subi l’horreur d’un attentat terroriste cette semaine. La secte islamiste Boko Haram a encore frappé ces deux dernières semaines tuant environ 120 personnes au Cameroun et au Nigéria.


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Hier, mercredi 22 juillet, quatre bombes meurtrières ont explosé dans la ville de Gombe au Nigéria au cours de la soirée. Deux bombes explosent aux alentours de 19 heures, la première à proximité de la mosquée de Dadin Kowa pendant que plusieurs personnes se sont rassemblées pour prier, et la seconde près de la station de bus de Nasarawo près de la mosquée. Moins d’une heure plus tard, deux autres kamikazes se font exploser dans la grande station de bus de Dukku et dans un petit marché à proximité. Les quatre bombes ont fait au total une quarantaine de victimes. Jeudi dernier déjà 49 personnes avaient péri dans un attentat suicide dans un marché de la ville.

Le Nigéria n’est pas le seul pays touché par les exactions de Boko Haram. Ce même mercredi 22 juillet, la ville de Maroua dans la région de l’extrême Nord du Cameroun est victime d’un double attentat suicide entraînant la mort de 13 personnes dont celle des deux kamikazes et blessant 32 personnes. La première kamikaze fait exploser sa bombe à 14h45 au niveau du marché aux tissus. Six secondes plus tard, la deuxième se fait exploser là où sont déchargés les camions. Les deux auteurs présumés des faits seraient deux jeunes filles de moins de vingt ans. Cet attentat fait écho aux explosions de deux kamikazes le 12 juillet à Fotokol au cours desquelles 16 personnes environ ont été tuées. Fotokol est une ville stratégique du Cameroun reliant le Nigéria au Tchad. Plusieurs Kamikazes se rendant à Ndjamena y ont séjourné et en mars de 2014 l’armée camerounaise y a affronté les forces de Boko Haram qui tentaient de prendre la ville, causant la mort de 81 civils.

La multiplication des attaques de Boko Haram dans le Nord du Nigéria dans l’Etat de Borno a provoqué la fuite de milliers de Nigérians dans la région d’Extrême Nord du Cameroun. Selon le gouvernement le nombre de réfugiés non enregistrés présents sur son sol s’élèverait à 17 000. Pourtant la multiplication des attaques terroristes semble remplacer les affrontements directs qui constituaient la tactique principale du groupe terroriste mais qui ont échoué au Cameroun comme au Tchad : les réfugiés ne sont donc sans doute plus davantage en sécurité au Cameroun qu’au Nigéria. Les dernières concentrations des troupes terroristes se trouveraient entre la forêt de Sambisa, les îles et les rives du lac Tchad et les monts Mandara et prouvent par leurs actes terroristes qu’elles ont su réadapter leurs modes d’action malgré l’accumulation de défaites militaires.

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Afin de mettre un terme aux agissements de Boko Haram, une union entre les bataillons tchadiens, nigériens, nigérians et camerounais d’environ 11000 hommes donne l’espoir d’éradiquer Boko Haram dans les douze prochains mois. D’autres mesures sont prises comme au Tchad par exemple où un projet de loi anti-terroriste a été proposé fin juin par le gouvernement. Si ce projet trouve sa légitimité dans les attaques terroristes menées par Boko Haram dont le Tchad fait régulièrement l’objet, l’opposition l’a dénoncé comme constituant une menace pour les libertés publiques. Selon le député d’opposition Saleh Kebzabo, adopter ce projet de loi pourrait permettre d’interdire jusqu’à de simples manifestations garanties par la Constitution. « Même un simple discours pourra être qualifié d’apologie du terrorisme », dénonce-t-il. De son côté, le Nigéria tente d’organiser ses forces armées pour anéantir le bastion de Boko Haram dans le Nord du pays. La rencontre, le lundi 20 juillet dernier, à la Maison Blanche entre Barack Obama et Muhammadu Buhari, le président nigérian nouvellement élu, n’a pourtant pas abouti à la livraison par les Etats-Unis d’armes aux soldats nigérians, au grand dam de M. Buhari, et pour cause « de soi-disant violations des droits de l’homme ».

Anne-Laure Gatin

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