International

Boko Haram poursuit son offensive dévastatrice

Boko Haram, une organisation terroriste fondée en 2002 au Nigeria, prône un islam rigoriste et guerrier, ainsi qu’un rejet de l’Occident. En ce début d’année, des villages ont été rasés, des centaines de personnes tuées. Les habitants des pays voisins, le Cameroun et le Niger, sont eux aussi victimes d’actes barbares et de prises d’otages. La fuite vers le Tchad est pour beaucoup la seule option pour fuir la terreur.

Baga-564x423

Un sombre mois de janvier au Nigeria

En enlevant en mai dernier deux cents lycéennes, Abubakar Shekau, chef de l’organisation, a fait parler de lui dans le monde entier. Sans pour autant que son action soit stoppée. Le hashtag #bringbackourgirls n’a pas pour l’heure permis le retour de ces jeunes victimes du fanatisme. Le 3 janvier, le village de Boga, au nord-est, a été anéanti par les miliciens de Boko Haram. Les villages voisins ont connu le même sort les jours suivants. Une carte satellite publiée par Le Monde permet de se rendre compte de l’ampleur du massacre. Selon Daniel Eyre, enquêteur d’Amnesty au Nigeria, « ces images détaillées montre les proportions catastrophiques de la dévastation dans deux villes, l’une d’entre elles ayant presque été rayée de la carte en l’espace de quatre jours ». On estime le nombre de morts à plus de 2000, le bilan le plus meurtrier des attaques de Boko Haram selon Amnesty International, bien que ce chiffre soit contesté par l’armée nigériane. Les habitants des villages attaqués ont commencé leur fuite en traversant le lac Tchad, à la frontière entre les deux pays. Le 11 janvier, vingt personnes sont mortes sur un marché à Maiduguri, grande ville du Nord-Est du pays. Une fillette de dix ans avait une bombe sur elle. Selon L’Orient le jour, Boko Haram pratique un « recrutement forcé des enfants » .Un tableau dramatique, qui continue de s’étendre.

80 otages au Cameroun

Hier, dimanche 18 janvier, trente adultes et cinquante jeunes de dix à quinze ans ont été enlevés dans le village de Mabass, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Vingt-quatre d’entres eux ont été libérés grâce à l’intervention de l’armée camerounaise. Depuis samedi, des troupes tchadiennes sont arrivées au Cameroun, après la demande du président bagacamerounais, Paul Biya. L’objectif de cet engagement militaire est de récupérer la ville de Baga, désormais contrôlée par Boko Haram. Idriss Deby, président du Tchad a affirmé sa volonté d’aider ses voisins : « Nous ne pouvons pas rester indifférents sur ce qui se passe chez nos voisins. Le Cameroun est la porte d’entrée et de sortie du Tchad sur le plan économique et donc nous sommes les plus proches et les plus concernés par ce qui se passe au Cameroun ». Il appelle aussi à une coalition africaine, afin de lutter contre le fléau terroriste et « montrer ainsi à la face du monde que l’Afrique est capable de résoudre ses problèmes ».

Le 14 février prochain, des élections présidentielles se tiendront au Nigéria. Goodluck Jonathan est candidat à sa réélection. Il s’est rendu à Maiduguri le 15 janvier pour exprimer ses condoléances aux familles des victimes. Certains voient dans ce déplacement un geste électoraliste. Chrétien originaire du Sud, il ne se rend presque jamais dans le Nord, majoritairement musulman, à l’exception de 2012, où il était allé à Kano après une attaque qui avait fait 300 morts.

Adèle Binaisse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *