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Boxster Spyder : la Porsche des nostalgiques

Porsche boxster spyderCet été, à Paris, le temps est non seulement capricieux mais également d’une instabilité irritante. Il me suffit d’enfourcher mon fidèle destrier en polo pour qu’une averse vienne me défier. Comme d’habitude je regrette rapidement de ne pas avoir emprunté les transports en commun armé d’un parapluie ! A l’inverse lorsque je m’équipe d’un ciré, le ciel se dégage dans les instants qui suivent et cette fois-ci ce sont les lunettes de soleil qui manquent… La météo se jouerait-elle de moi ? Je préfère croire à une fluctuation météorologique. Lorsque j’ai voulu retirer la Porsche Boxster Spyder, Dominik Gruber, responsable relations presse Porsche France, a ironisé ainsi : “C’est un véhicule fait pour des contrées comme la Californie où il ne pleut que deux à trois jours par an”.

Cette troisième déclinaison de la gamme Boxster, en version Spyder, est destinée aux « porschistes » nostalgiques qui souhaitent retrouver les sensations d’un bolide d’antan. Pour remettre cette authenticité au goût du jour, la marque de Zuffenhausen a dû procéder à quelques allègements, notamment en remplaçant le toit par une capote manuelle, proposant l’autoradio et la climatisation, en option, puis, toujours à la recherche des kilos superflus, allant jusqu’à remplacer les poignées de porte intérieures par des lanières.

Au niveau du bouclier avant, on note, dès le premier coup d’œil, les prises d’air, dont la perspective a été soulignée par un intérieur couleur titane qui fait augmenter l’effet gueule béante, intégrant des LED beaucoup plus fines et discrètes. Ces dernières confèrent à la Spyder une certaine sobriété qui l’éloigne de l’aspect tuning de l’Audi TT RS Roadster. Sur les flancs, deux autres entrées d’air, semblables à la 911 dans sa version turbo, avec en dessous une bande autocollante, sorte de signature Porsche, fuyant vers la roue arrière, qui s’inspire clairement de la Carrera 911 RS de 1989.

La poupe, partie la plus pittoresque sur ce roadster, se compose d’une alliance d’éléments issus de plusieurs modèles chez Porsche avec les mêmes phares arrière que le Cayman. Vu de dos, la double bosse du Boxster Spyder laisse à croire la présence de deux minis réacteurs derrière les sièges ce qui rappelle l’arrière bombé d’une 911 Speedster. Atout majeur, qui ajoute un caractère plus vif et plus féroce au Boxster Spyder. De surcroît, le double échappement central entouré de diffuseurs laisse à penser que le bolide sort droit des abîmes. Ceci reste dans l’ensemble assez discret mais insiste sur la sportivité de cette déclinaison du roadster. Tous ces éléments, combinés au rouge vif des LED, qui entourent un aileron fixe, prêtent au Spyder une allure de prédateur des fonds marins plus connu sous le nom de Requin-taureau. Sous cette magnifique carrosserie se cache un moteur 3.4l développant 320 chevaux affichant de prodigieuses performances comme le 0 à 100km/h en 4,7 secondes pour une consommation d’environ 10 l/100km.

Après avoir répété, à deux reprises, le rituel technique — à faire de préférence à deux pour plus de commodité — pour installer puis enlever le toit en toile, nonobstant les mises en garde de Laetitia Vergé, coordinatrice presse Porsche France, refusant toute superstition liée au temps, je fus résolu à sortir décapoté de la concession et combattre le mal par le mal.

Cet authentique roadster a tout pour plaire aux puristes — dont je fais partie. Embarquement à bord : intérieur cuir rouge et alcantara puis sièges baquets sport. Sur le volant, on se réjouira de l’absence de tous les habituels boutons disgracieux et superflus. Retour aux sources avec la boîte de vitesse manuelle, constituée de 6 rapports, aux passages rapides et précis, identique à celle présente sur la Porsche GT3 RS. Et enfin, un détail qui a toute son importance, car en voie de disparition sur certains modèles comme la Panamera, par exemple, la clé à insérer dans le contact à gauche.

Sobriété et sportivité règnent à bord, sans pour autant être mal installé ! Je tourne la clé, le moteur s’élance, rugit et m’envoûte par la même occasion. Il y a quelque chose de saisissant dans le “clac !”, bruit caractéristique lorsque l’on enclenche la première. La sensation lors de la pression sur la pédale de gaz est indescriptible. Cette poussée fluide mais non moins puissante qui transporte, dans tous les sens du terme, et fait comprendre que le Spyder est prêt à libérer la cavalerie.

Direction l’Édony café, dans le quartier latin, pour aller chercher mon photographe Louis dont l’attention se portera immédiatement sur les jantes 19 pouces équipés de pneus Michelin. Une fois à l’intérieur, ce dernier enclenche le système d’échappement Sport qui ouvre les clapets et modifie par la même occasion le registre du ronronnement du Boxster Spyder. Le bruit se mue en un son beaucoup plus rauque et prononcé semblable à celui d’un cœur de Ferrari F430 et Lamborghini Gallardo. Notre traversée de la rue Mouffetard interpelle les piétons qui s’interrogent sur la provenance des grondements dont un qui a particulièrement tonné. Hélas, ce n’était pas le fruit du roadster mais plutôt du ciel qui commençait à se couvrir prestement. Viennent ensuite les première gouttes qui m’obligent à me ranger devant le Café de Flore où l’arrivée de la sublissime créa une frénésie en terrasse. Les clients, smartphones en main, s’affairaient pour prendre des clichés de la Spyder. J’explique à mon copilote comment recapoter et nous voici à l’œuvre devant le regard ébahi des clients du café qui n’hésitent pas à s’approcher pour observer l’application avec laquelle nous réinstallons le toit. Quatre minutes après, nous voilà à l’abri de toute éventuelle précipitation. Nos efforts ont été récompensés ! Le temps revient au beau fixe. S’en suit un autre re-décapotage qui nous replace en tant que centre d’intérêt de tous les curieux. Nous commençons à prendre le pli et le décapotage devient un jeu d’enfant comparé aux premières tentatives qui furent aussi plaisantes que lorsque l’on monte un meuble Ikéa pour la première fois.

L’assise est vraiment basse et il faut user d’une grande précaution à chaque ralentisseur ou dos d’âne. Il est par ailleurs amusant de voir le visage des conducteurs, passants et flâneurs, déconcertés à la vision des manœuvres mises en place en vue de surmonter les nombreux surélevements qui foisonnent dans Paris.

En un mot, la Porsche Boxster, dans sa version Spyder, présente un agrément éminent pour les nostalgiques en quête de sensations authentiques. Cap sur Reims. Sur la route, nous croisons un certain nombre d’auto-stoppeurs qui perdaient toute joie et euphorie lorsqu’ils découvraient l’absence de places arrière dans le Boxster Spyder. A l’opposé du Porsche Cayman et d’une 911, la Spyder dispose de deux coffres généreux, à l’avant et à l’arrière. Idéal pour une virée à deux, le roadster procure un réel plaisir de conduire, même décapoté sur autoroute, cheveux aux vents et sans trop vous décoiffer. Ceci fût valable uniquement pour mon cas mais pas celui de mon photographe qui, à la recherche du bon cliché, s’est retrouvé les cheveux aux quatre vents !

Daniel Latif

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