Economie

BP renforce sa présence en Turquie

British Petroleum a rendu officiel son plan de développement de ses activités en Turquie, confirmant sa volonté de s’ancrer durablement dans un pays et une région stratégique au niveau énergétique.

Turkey

Le géant britannique BP, par l’intermédiaire de Martin Thomsen, son responsable en Turquie, a annoncé, vendredi 26 juin dernier, l’ouverture de quelques quarante nouvelles plateformes pétrolières, en 2015, sur le territoire turc.

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Martin Thomsen, responsable de BP Turquie.

Malgré d’importantes pertes sèches, dues, entre autres, « à la baisse de la valeur de la livre turque » combinée à la politique peu accommodante menée par l’État turc sur le marché des hydrocarbures, l’ambition de BP pour le marché anatolien reste intacte. Lors de cette conférence de presse, organisée conjointement par BP et Doğuş Otomotiv, le représentant de la compagnie pétrolière britannique a maintenu ses « objectifs de croissance stratégique ». Il a, parallèlement à ces objectifs, annoncé l’ouverture de nouvelles plateformes pétrolières, qui rejoindront l’impressionnant réseau de 647 plateformes détenues par BP en Turquie.

La présence de l’entreprise est traditionnellement restée forte dans le pays et la région. Son ancêtre, l’Anglo-Persian Oil Company, ouvrit un bureau dès 1912 à Istanbul. Ses activités se sont dès lors largement développées dans la région, par le biais de l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) reliant l’Azerbaïdjan à la Turquie, mais aussi, plus récemment, via le projet de gazoduc TANAP. BP atteint aujourd’hui les 9 % de parts de marché sur le secteur pétrolier turc.

Malgré de nombreux écueils qui font encore d’elle un marché des hydrocarbures complexe, la Turquie reste un pays attractif pour les investisseurs, notamment au vu de ses taux de croissance. Le projet de gazoduc TANAP (dont BP est actionnaire à hauteur de 12%) en est d’ailleurs une parfaite illustration. Censé relier l’Azerbaïdjan à la Grèce en passant par la Géorgie et la Turquie, il renforcera le rôle de cette dernière, devenue un hub énergétique.

Cette politique économique et énergétique renvoie d’ailleurs à des ambitions très politiques dans la région. La Turquie entretient de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan voisine, dotée de grandes ressources naturelles, pour ses projets en matière d’hydrocarbure. L’enjeu s’avère aussi important pour les pays du Vieux Continent, dont la dépendance à Gazprom, et donc Moscou, en matière d’hydrocarbures pourrait être reconsidérée.

Pierre Debly

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