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« Le bracelet de Nina » d’Ahmet Ümit adapté en opéra

« Le bracelet de Nina » (« Ninatta’nın Bileziği »), le roman du célèbre écrivain turc Ahmet Ümit paru en 2006, vient d’être adapté en opéra.

Ahmet Ümit en pleine séance de dédicaces en 2011

« Ninatta », un opéra adapté du roman d’Ahmet Ümit « Le bracelet de Nina », a été présenté pour la première fois au public, samedi 2 décembre, à l’Opéra Süreyya de Kadıköy. Un long travail d’équipe a été nécessaire pour adapter ce récit dont l’intrigue prend place au sein du royaume Hatti, dans l’Anatolie du IIe millénaire av. J.-C.

Evrim Demirel est l’une des figures centrales de ce projet exceptionnel. Professeur associé au Conservatoire d’État de l’Université d’Istanbul, il a composé l’opéra en collaboration avec Mehmet Ergüven, le metteur en scène. Présentée comme un « véritable crie de protestation contre la guerre » par l’Opéra Süreyya de Kadıköy, l’histoire imaginée par Ahmet Ümit prend une nouvelle profondeur grâce à un livret puissant et profond.

La haine, la guerre et le sang s’opposent à l’amour dans Le bracelet de Nina, le roman d’origine. Le récit se base sur l’histoire du peuple Hittite, fondateur du royaume Hatti au IIe millénaire av. J.-C. Concentré essentiellement en Anatolie centrale, ce dernier représente, pendant un temps, une force politique et militaire majeure au Proche-Orient. Petit à petit, il parvient à s’étendre en Mésopotamie. En 1595 av. J.-C., par exemple, le roi Mursili Ier s’empare de Babylone, mettant fin à la première dynastie babylonienne comme l’indique l’historien australien Trevor Bryce.

Ahmet Ümit décrit les enjeux de pouvoir et les conflits qui animent la cour d’un souverain Hittite. En parallèle, deux êtres épris l’un pour l’autre sont obligés de s’enfuir. Une trame classique qui prend place dans un contexte historique rarement abordé par les romanciers. Auteur de plusieurs best-sellers comme « Patasana » ou « Beyoğlu Rapsodisi », Ahmet Ümit est un habitué des intrigues politiques. Né en 1960 à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, il est un membre actif du Parti communiste turc pendant près de quinze ans dans sa jeunesse. Auteur de six romans et de nombreuses nouvelles, son oeuvre ne cesse d’inspirer toute une génération d’artistes turcs dont certains représentants ont décidé, ici, d’en offrir une nouvelle lecture.

Jean-Baptiste Connolly

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