Culture, Découverte

Ce que signifie le ramadan pour les musulmans

Vous en entendez parler chaque année : pour les uns, il s’agit d’une tradition à perpétuer, pour les autres le mois le plus sacré de l’année. Le ramadan a commencé le 18 juin et en Turquie, comme dans tous les pays à majorité musulmane, cette période reste un grand moment de ferveur collective.

ramazan

Qu’est-ce que le ramadan ? Quand on pose la question aux Stambouliotes, cela donne lieu à un florilège de réponses. « Pour moi, le ramadan est l’un des symboles les plus importants de l’islam », déclare Onur, un habitant du quartier d’affaires de Levent. « L’objectif du ramadan, ce n’est pas de se torturer en restant toute la journée sans boire ni manger. En tant que musulman, le jeûne est une obligation (un ordre de Dieu). On doit faire ce devoir en pensant à l’autre monde », considère pour sa part Yağmur, qui exerce dans une agence immobilière du même district. « Dieu nous a donné un seul mois pour jeûner pendant lequel il faut avoir un comportement exemplaire : pas de mensonges, pas de vols… C’est aussi un mois où il faut mettre le frein dans ses activités », estime de son côté Burhan, un petit commerçant qui travaille près de la mosquée Osmanlı de Kadıköy. « Un joli mois durant lequel les gens apprennent à se dominer », pense Oğuzhan, un serveur au bar Dora King, dans le même quartier.

On l’aura compris, chacun a sa propre conception de ce précepte religieux. Mais il faut savoir que le quatrième pilier de l’islam répond à quelques règles. En islam, il correspond au neuvième mois du calendrier hégirien qui tire son origine de l’hégire, le départ du prophète Mohamed vers la ville de Médine en l’an 622. Il se structure en fonction des phases de la lune et non pas en fonction de notre position relative au soleil, comme c’est le cas du calendrier grégorien (appliqué dans la plupart des pays du monde). C’est pourquoi la date du début du ramadan avance chaque année de onze jours dans l’agenda civil. Dans le sens commun, le ramadan est caractérisé en particulier par un jeûne diurne. Durant les 29 à 30 jours, les croyants doivent s’abstenir de s’alimenter, de boire et d’avoir des relations sexuelles de l’aube au coucher du soleil. Seuls en sont dispensés : les malades, les femmes enceintes, les personnes âgées, les jeunes enfants et les voyageurs. Mais libres à eux de le faire s’ils le souhaitent. Le soir correspond à la rupture du jeûne (l’iftar) qui constitue un grand moment de convivialité.

Alors pourquoi les musulmans jeûnent-ils ? Quelles sont les valeurs qui découlent de l’observance du mois du ramadan ? Quelles en sont ses significations ? Revue de détails.

Un rite incontournable de l’islam

ramazan_2Cette pratique a d’abord une visée spirituelle. À travers l’acte d’affamer le corps, il s’agit de se rendre compte que les besoins humains les plus importants sont spirituels. Autrement dit, en passant moins de temps à subvenir à ses besoins physiques, on se livre davantage à la méditation, à la réflexion sur la place de sa foi dans sa vie. Dans cette démarche, la lecture du coran est donc centrale. Autre élément fondamental : la prière. Si elle reste durant toute l’année l’un des cinq piliers de l’islam (les autres étant la profession de foi, l’aumône et le pèlerinage à la Mecque), il s’avère également qu’elle a une place toute particulière dans la vie des croyants durant ce mois sacré. Dans les mosquées, elle se prolonge généralement jusqu’à tard la nuit. Un rituel que l’on appelle : tarawih.

Dans le livre saint de l’islam, le jeûne est aussi justifié par le fait que le Coran ait été révélé au prophète Mohamed durant le mois de ramadan. Et plus précisément lors de laylat al-Qadr, la nuit du Destin. C’est une nuit particulière qui est censée se trouver parmi les nuits impaires des dix derniers jours du mois : le 21, le 23, le 25, le 27 ou le 29. À cette occasion, les musulmans sont invités à multiplier les invocations.

Mais au-delà du côté spirituel, respecter le ramadan, c’est aussi se contrôler et adopter un comportement irréprochable. Apprendre à mettre de côté l’orgueil, les haines, les boniments… L’objectif est de déployer toutes ses qualités humaines (patience, compassion, humilité…). D’où la nécessité de faire preuve d’empathie envers les pauvres. Car au terme du ramadan, chaque musulman doit s’acquitter d’un impôt : la zakat al-fitr (« aumône de la rupture »), destinée aux nécessiteux. Versée par les croyants ayant les moyens financiers, la zakat al-fitr est distribuée aux plus démunis afin qu’ils profitent eux aussi de l’aïd al-fitr (la fête qui marque la fin du ramadan). C’est un moyen pour les jeûneurs de se purifier de leurs péchés et de leurs errements passés.

 Khadija Ben Hayyan

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