Gastronomie, Société

Une chef turque parmi les finalistes du « Basque Culinary World Prize »

Ebru Baybara Demir, chef et entrepreneure sociale dans la province de Mardin, fait partie des dix finalistes de l’édition 2018 du « Basque Culinary World Prize » qui récompense les restaurateurs qui, par leur profession, ont un impact positif sur la société.

Ils étaient 140 chefs en lice pour remporter le prix tant convoité. Parmi eux, dix candidats ont été sélectionnés par un panel de spécialistes culinaires pour avoir fait de la gastronomie « une force de transformation dans des domaines allant de l’innovation à l’éducation, en passant par la santé, la recherche, le développement durable, l’entrepreneuriat social et le développement économique ».

La chef turque Ebru Baybara Demir compte parmi ces talents. Elle a été sélectionnée en raison d’un projet, « Du sol au plat : le sol vivant et le projet de semences locales », dont l’objectif est de valoriser la place des femmes dans la société et de favoriser les échanges entre Turcs et Syriens.

Le premier volet de ce projet consiste en la création d’un réseau de formation culinaire pour les femmes qui vivent dans des camps de réfugiés en Turquie. En parallèle, Ebru Baybara Demir remet à l’honneur les techniques traditionnelles d’agriculture en formant des femmes sans emploi. Selon la chef, ce projet a permis à 108 personnes de trouver un emploi tandis que 224 femmes, Turques et réfugiées syriennes, ont participé au programme.

Celle-ci a confié à l’Agence Anadolu que cette qualification représentait « un énorme succès », d’autant plus que c’est la seconde fois en deux ans qu’elle fait partie des dix finalistes. Elle a ainsi tenu à remercier ceux qui l’entourent : « Je n’ai pas réussi seule, c’est un travail d’équipe. Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu ».

En 2017, Ebru Baybara Demir a présenté son projet d’école de gastronomie Harran — Amazon Queens, soutenu par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et le bureau du gouverneur d’Harran. Ce projet avait permis à 160 personnes de recevoir une formation dans le domaine de la restauration.

Lire aussi : http://aujourdhuilaturquie.com/fr/chef-turque-lice-basque-culinary-world-prize/

Son prochain défi est d’établir un Institut de la gastronomie à Mardin, dans le sud-est du pays, afin de « faire de la gastronomie un élément marquant qui change la vie des gens ». Selon Ebru Baybara Demir, le site pour l’Institut a déjà été identifié. Celui-ci devrait venir en aide aux femmes vulnérables de la région pour obtenir un emploi stable.

Le 24 juillet dernier, un jury international composé des plus grands chefs de notre époque – dont Joan Roca, Enrique Olvera,  Yoshihiro Narisawa, Gaston Acurio, F. Xavier Medina, Jorge Ruiz Carrascal, Leonor Espinosa, Pia Sörensen, Rutch Reichl, Andono Luis Aduriz,  Ilse Crawford, Bee Wilson, Carlos Zamora, ou encore Massimo Bottura, Domique Crenn et Gaston Acurio – a choisi le lauréat parmi les dix finalistes.

C’est finalement le chef écossais Jock Zonfrillo qui a remporté le Prix ainsi qu’une subvention de 100 000 euros pour financer son projet relatif à la préservation de la mémoire des peuples autochtones d’Australie à travers la gastronomie.

Camille Saulas

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *