Chroniques

Chroniques De Bosphore

Merhaba’ était le tout premier mot des Chroniques de l’Atlantique. J’avais ouvert un grand cahier sur la toile, et l’avais rempli, pas à pas, par des mots et des lignes qui se suivaient au cours d’un séjour d’étudiant que l’on appelle ‘Erasmus’.
Depuis que je l’ai fermé, un énigme me capture encore plus fort ; ‘écrire’. J’essaie de le comprendre. Face à l’impuissance de la parole qui est la volatilité, l’écrit reste-t-il véritablement le symbole victorieux de permamence, même d’éternité contre l’oubli ? Batîr un monument de mots dans ce monde, n’est-ce pas, parfois, essayer en vain de rouler une pierre jusqu’en haut de la montagne, tout en sachant qu’elle n’y restera pas ?
La réponse est ambiguë, mais pas sans repère. Face à la pierre qui tombe du sommet au moment même où elle y atteint, (re)commencer le trajet, c’est un choix.
Raconter son histoire humaine ou défendre son idée, son engagement ; c’est, d’abord, porter une voix. Sait Faik disait que s’il ne pouvait plus écrire, il deviendrait fou. Certains écrivent pour partager, d’autres pour convaincre. Certains par orgueil, d’autres par modestie. Certains par pur spleen, d’autres pour mener un combat fervent.
Certains comme Orhan Pamuk s’enracinent dans leur ville natale. Pourtant, d’autres courent, sans cesse, vers de nouveaux mondes et trouvent leur source véritable pour écrire dans un mouvement qu’est le voyage, cette découverte.

Mais, écrire, ça reste un choix. Face à la pierre qui tombe, c’est aussi parfois un choix vers la persévérance d’Antigone pour pouvoir dire ‘Non’.
Le droit et sa politique, la politique et sa justice, l’université et sa jeunesse, l’intellect et son engagement, la langue et sa littérature seront les principaux boulevards sur lesquels j’essairai, dans le cadre d’une rubrique mensuelle, de construire des chemins de mes réflexions, mes témoignages, et mes versions de lecture.
J’écrirai non pas pour donner des réponses figées, mais pour pouvoir comprendre ; pas pour crier des phrases qui ne resteront que des sifflements à des oreilles autres que les miennes mais pour pouvoir tracer des lignes de réflexion d’un jeune.
J’ouvre une nouvelle page d’un grand cahier bien familier. Ce mot ‘Merhaba’ gardera, de nouveau, sa priorité d’être un tout premier mot ; mais, cette fois-ci, pour d’autres chroniques, ceux de Bosphore.
Camus disait qu’il fallait l’imaginer heureux, Sisyphe. Non, il l’écrivait et je crois en lui.
‘Merhaba’…

Ali Türek

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