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Chypre : 2015 sera-t-elle l’année de la réconciliation ?

Le lundi 29 juin dernier, une réunion a été organisée à Nicosie le lundi 29 juin dernier entre Mustafa Akıncı, le président de la République turque de Chypre Nord, Níkos Anastasiádis, son homologue du Sud de l’île, et l’envoyé spécial des Nations unies Espen Barth Eide. Les discussions ont eu lieu au sein de la zone tampon contrôlée par l’ONU dans une « atmosphère positive et orientée vers la recherche de résultats ».

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Mustafa Akıncı (gauche), Espen Barth Eide (centre) et Níkos Anastasiádis (droite).

Dans l’envie de créer une véritable cohésion, les dirigeants chypriotes grecs et turcs se sont réunis ce lundi 29 juin sous l’égide de l’ONU à travers son envoyé spécial, le Norvégien Espen Barth Eide. « Les dirigeants sont maintenant entrés dans les négociations de fond et se concentrent sur les questions fondamentales comme la gouvernance et les questions de propriétés. », a notamment constaté ce dernier.

Pour consolider les efforts déjà menés, une nouvelle réunion entre la République turque de Chypre du Nord (RTCN) et la République de Chypre est prévue le 10 juillet prochain. Confiant, Espen Barh Eide souligne que « des progrès ont été accomplis sur des questions importantes » et annonce que « le dialogue se poursuivra. »

Une île, deux entités politiques

Chypre_8Ce climat de dialogue s’inscrit dans un lent mais sûr processus général de rapprochement des deux camps. Fin avril 2015 au nord de l’ile, le nouveau président de la République turque de Chypre du Nord, Mustafa Akıncı était élu avec 60,3% de voix. Un succès qui venait couronner une campagne principalement basée sur la promesse d’une résolution rapide du processus de réconciliation avec la partie sud de l’île. En guise de bonne foi, Níkos Anastasiádis, son homologue de la partie grecque, salue le « choix encourageant » des électeurs enthousiastes aux progrès déjà effectués.

Moins enthousiaste, le Président turc Recep Tayyip Erdoğan avait modérément apprécié les déclarations de Mustafa Akıncı appelant à ce que la relation entre Chypre Nord et la Turquie soit celle de « deux frères » et non pas celle d’une « mère-patrie et de son enfant ». Pour rappel, Ankara finance activement la République turque de Chypre Nord à hauteur d’un milliard de dollars par an.

Cette volonté de réconciliation entre le Nord et le Sud provient d’une rancœur historique entre la Turquie et la Grèce. Ces deux pays alliés depuis 1952 et de surcroît membres de l’OTAN, se déchirent entre autre l’exploitation de la mer Egée et de ses fonds marins riches en ressources énergétiques. A cela s’ajoute une lutte d’influence de la part de la Grèce et de la Turquie vis-à-vis de leurs communautés chypriotes respectives présentes sur l’île.

Des tensions qui se sont par le passé intensifiées au point d’éclater en un coup d’Etat activement soutenu par le Régime des colonels grecs en juillet 1974. En réaction s’était déclenché côté turc l’opération militaire Attila : le débarquement de 40 000 soldats turcs sur l’île. Cette intervention à la fois portée par la Grèce et la Turquie donne lieu à une partition territoriale entre la République turque de Chypre au Nord et la République de Chypre.

Vers une meilleure cohésion

Mais, à la suite de plusieurs altercations fin mai, une première tentative de réconciliation voit le jour. Les deux dirigeants chypriotes ont accepté le rétablissement des réseaux téléphoniques et électriques. Une première avancée vers l’entente.

Néanmoins, il existe encore des désaccords profonds entre les deux parties, notamment au sujet des ajustements territoriaux, de la sécurité et du droit de propriété.

Voisine de l’Europe, du Proche-Orient et de l’Afrique, l’île de Chypre jouit d’une situation géopolitique à fois avantageuse et convoitée. Un constat qui soulève une autre interrogation tout aussi primordiale : quelle serait la place et le pouvoir d’une Chypre réunifiée sur la scène internationale ?

Jessica Mauzole

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