Chroniques

Chypre : une nouvelle tentative de paix

Le 4 Mars 1964, le Conseil de sécurité des Nations unies proposait pour la première fois l’envoi des forces de paix pour les différends qui régnaient sur l’île de Chypre. En juillet 1974, la tentative de coup d’État mené par la Grèce visant à annexer l’île va aboutir à une intervention de l’armée turque conduisant ainsi à une division de l’île en deux parties, l’une turque au Nord, et l’autre grecque, au Sud.

En 2004, les Chypriotes turcs approuvent majoritairement le premier accord de réunification proposé par l’ONU alors que les Chypriote grecs le rejettent. Mais finalement, les premiers sont restés à la porte de l’UE tandis que les seconds y ont adhéré. La déception a été grande parmi les Chypriotes turcs.

En février dernier, l’ONU a réuni les dirigeants des deux parties de Chypre pour une nouvelle tentative de réunification de l’île. Nicos Anastasiades (Président de Chypre) et Derviş Eroğlu (Président de la République Turque de Chypre du Nord) se sont mis d’accord sur une déclaration conjointe préparée par l’ONU pour fixer le cadre des pourparlers pour la paix. Cette dernière prévoit « une fédération bi-communautaire et bi-zonale », dans laquelle Chypre « sera une entité légale unifiée sur le plan international, avec une souveraineté unique » et « la fédération unifiée de Chypre sera composée de deux États membres de statut égal ». Ce point étant primordial pour les Chypriotes turcs. Bien que les deux dirigeants restent très volontaires, le processus s’annonce néanmoins difficile, à cause notamment des opposants, chypriotes grecs, à ces négociations. Mais la perspective d’exploitation des réserves gazières, la crise économique dans la partie Sud de l’île, le souhait de la fin de l’isolement de la partie Nord de l’île et enfin le soutien actif des États-Unis, de l’UE et de la Turquie au processus de réunification, sont autant de facteurs qui encouragent les deux parties à mener à bien les négociations de la paix sur l’île.

Avec une position géopolitique clé (situé au milieu des trois continents : Europe, Asie et Afrique) et ses gisements gaziers, Chypre est l’objet de nombreuses convoitises qui expliquent cinquante ans d’efforts restés sans résultat pour la paix sur l’île. Pour l’ancien ambassadeur Tugay Uluçevik, « l’instauration de la paix sur l’île n’est pas aussi simple que certains dirigeants le pensent. Les nombreux échecs de négociations en sont les preuves ».
En 2004, l’UE est à l’origine de l’échec des négociations sur la réunification car elle a accepté l’adhésion de la Chypre divisée dans l’Union. Espérons alors une plus grande objectivité de la part de l’UE quant à l’aboutissement de ces nouvelles négociations.

Mireille Sadège

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *