Cinéma

La cité de la peur : l’incontournable comédie française

Une joyeuse comédie déjantée, un mélange de gags et blagues mordantes, un humour décalé, la Cité de la peur d’Alain Berberian interprétée par Les Nuls reste toujours aussi culte et continue de faire parler d’elle générations après générations.

Il existe plusieurs catégories de films ; ceux devant lesquels on s’endort, ceux qui avaient pourtant bien commencé mais qui déçoivent, ceux qu’on ne retiendra jamais car aucun intérêt, mais il y a également ceux qui marquent l’imaginaire collectif et deviennent alors des grands films. La cité de la peur est l’un d’eux et apparaît comme l’incontournable comédie française.

Si tout le monde se souvient avoir dansé la Carioca, les répliques et personnages sont tout aussi drôles. Avec Chantal Lauby en attachée de presse cupide et maladroite, Alain Chabat en garde du corps déjanté et Dominique Farrugia en acteur hébété qui vomit à tout va, notamment lorsqu’il est heureux, le trio comique soudé comme les trois mousquetaires fait hurler de rire dans une comédie au combien parodique et burlesque.

Un film parodique et décalé

Ce long métrage met donc en scène à travers une véritable mise en abîme, Odile Deray interprétée par Chantal Lauby, une attachée de presse qui à l’occasion du festival de Cannes, vient présenter le film Red is dead. Véritable navet, ce film n’a pas la portée attendue par cette dernière mais prends néanmoins de la notoriété lorsque les projectionnistes du films meurent les un après les autres dans d’étranges circonstances. Un garde du corps, Serge Karamazov incarné par Alain Chabat, est alors chargé de protéger les projectionnistes mais de s’occuper également de l’acteur principal du film Simon Jérémi, joué par Dominique Farrugia.

Cette parodie de thriller qui relève plus du ridicule et de la caricature ubuesque que d’un film violent à suspens, nous dévoile des répliques cultes, hilarantes et potaches que le public n’a toujours pas oublié. En effet, si Serge Karamazov est “fils unique” car “aucun lien”, on peut également selon les personnages du film, “tromper mille fois une personne mais on ne peut pas tromper une fois mille personne”.

Un savoureux mélange déjanté

La cité de la peur ne semble avoir pris aucune ride et on ne s’en lasse pas. Et pour cause, c’est le seul film où le serial killer est armé d’une faucille et d’un marteau, déguisé en métallurgiste cinglé. Mais également l’unique long métrage où le bonheur fait vomir. Un savoureux mélange déjanté qui mêle dialogue de sourd à la manière de En attendant Godot et absurdité digne des plus grandes pièces de Samuel Beckett, accompagné d’un ton satirique et d’un humour gras rappelant le style et le génie d’Alfred Jarry.

La cité de la peur restera dans les mémoires, tout comme son réalisateur Alain Berbérian décédé le 22 août à l’âge de 63 ans. Cinéaste de talent, il avait également réalisé le film Paparazzi (lire la critique de Paparazzi) avec Vincent Lindon et Patrick Timsit qui lui aussi reste un grand classique du cinéma français.


Charlotte Lelouch

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