Politique

Comment vont se dérouler les prochaines élections anticipées ?

Lundi 24 août, le président Recep Tayyip Erdoğan a rencontré le président de la Grande assemblée nationale de Turquie İsmet Yılmaz afin d’officialiser la tenue des élections anticipées qui se tiendront le 1er novembre.

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C’est la toute première fois dans l’histoire politique de la Turquie qu’un chef d’Etat fait appel à une telle prérogative après l’échec de la formation d’un gouvernement de coalition à l’issue des 45 jours de délai imposés par la Constitution. Les élections anticipées auront donc bel et bien lieu le 1er novembre après officialisation du président Erdoğan et du président de la Grande assemblée nationale, İsmet Yılmaz, ce lundi 24 août aux alentours de 10h du matin, suite à un entretien de plus de quatre heures entre les deux hommes.

Selon l’article 116 de la Constitution, le Cabinet doit annoncer la décision du président dans les 48h qui suivent, celle-ci sera ensuite publiée dans le Journal officiel de la République de Turquie. Suite à l’échec du gouvernement pour la formation d’une coalition après 45 jours de délai, le président peut procéder à l’organisation d’élections anticipées. D’après la Constitution, « si le Conseil des ministres n’arrive pas à obtenir un vote de confiance sous l’article 110, ou tombe sous le vote de non-confiance sous les articles 99 et 111, si un nouveau Conseil des Ministres ne peut pas être formé après 45 jours ou n’arrive pas à obtenir un vote de confiance, le Président de la République, en consultation avec le président de la Grande assemblée nationale de Turquie, peut décider de renouveler les élections. »

La Constitution prévoit la formation d’un gouvernement intérimaire cinq jours après la publication officielle de la décision dans le Journal de la République de Turquie. Les élections doivent ensuite se tenir 90 jours plus tard. Néanmoins, le Conseil électoral suprême (YSK) a décidé d’ignorer ce protocole et a choisi d’instaurer la date du 1er novembre à la place. Le Cabinet doit maintenant se résigner afin que le président puisse reléguer au premier ministre la tâche de former un nouveau Conseil des ministres provisoire.

Le Parti de la justice et du développement (AKP) actuellement au pouvoir, pourra ainsi choisir 11 ministres parmi ses propres rangs puis le Parti démocratique des peuples (HDP) en nommera trois à son tour. Le Parti républicain des peuples (CHP) et le Parti d’action nationaliste (MHP) ont quant à eux annoncé qu’ils ne prendraient pas part à la formation d’un gouvernement intérimaire. Le reste du Conseil sera donc composé de ministres indépendants nommés par le Premier ministre. Ahmet Davutoğlu a d’ailleurs fait savoir qu’il ne distribuerait pas de postes de ministres à des partis mais bien à des individus. Le ministre de la Justice Kenan İpek, le ministre de l’Intérieur Sebahattin Öztürk et le ministre des Transports et communications maritimes Feridun Bilgin, qui avaient été nommés indépendamment des élections législatives générales du 7 juin, conserveront quant à eux leurs postes.

Sophie de Tapia

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