Politique

La condamnation à mort confirmée de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi indigne Erdoğan

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Hier, mardi 16 juin, la Cour égyptienne a confirmé la sentence de peine capitale prononcée contre son ex-président, destitué en 2013, Mohamed Morsi. Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a appelé la communauté internationale à réagir contre cette condamnation qu’il qualifie de « massacre de la loi et des droits fondamentaux ».

Le 16 juin, un mois après avoir été condamné à la peine de mort par le tribunal égyptien, Mohamed Morsi – premier président élu démocratiquement dans le pays – a vu sa sentence confirmée par les autorités égyptiennes. Il est condamné avec cinq autres leaders des Frères musulmans. L’ancien président destitué en juillet 2013 par l’armée a été accusé d’être responsable de violence policière lors de la révolution de 2011, et d’espionnage au profit du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran. Mohamed Morsi avait été condamné à la prison à perpétuité pour ces crimes avant que la Cour ne se prononce finalement pour la peine capitale.

morsi« Nous appelons la Communauté Internationale à agir pour annuler cette condamnation à mort donnée sous les instructions du régime militaire » s’est prononcé le président turc à l’annonce de la nouvelle. Cette condamnation est un « massacre de la loi et des droits fondamentaux » a-t-il encore indiqué, expliquant qu’il était vital d’empêcher l’application du verdict pour la paix sociale et la restauration de la stabilité en Égypte.

Le président Recep Tayyip Erdoğan est appuyé par son gouvernement. Son Premier ministre, Ahmet Davutoğlu, s’était déjà prononcé au moment de la condamnation de l’emprisonnement à vie du président déchu. Il avait qualifié cette sentence de « test » pour les pays occidentaux et les médias internationaux, les mettant en confrontation à leur principes démocratiques. Le ministre des affaires étrangères, Mevlut Çavuşoğlu, s’est prononcé lui aussi sur le sujet le 16 juin dernier : « Il n’y a pas de loi, ce n’est pas de la justice (…) Mais nous ne sommes, en réalité, pas surpris de voir ce verdict politique de la part d’un tel régime  ». Le ministre condamne la décision de la Cour égyptienne, qu’il juge arbitraire et contraire aux normes internationales ; il appelle à sa révocation « le plus vite possible ».

Mohamed Morsi – membre des Frères musulmans – a été destitué en juillet 2013, après un an au pouvoir, par Abdel-Fatah-Al-Sissi, patron des forces armées d’Égypte et actuel président du pays. En mai 2015, Recep Tayyip Erdoğan s’était prononcé contre sa destitution, clamant dans les médias internationaux : « Pour moi, Morsi est le président de l’Égypte ». Il avait par la même occasion dénoncé l’immobilisme des nations européennes dans ce renversement.

Premier ministre au moment de l’élection de Mohamed Morsi à la tête de l’Égypte en 2012, Recep Tayyip Erdoğan était un proche de l’ex-président égyptien. Il voyait en leur rapprochement un moyen de ranimer l’influence de la Turquie dans la région.

Florie Cotenceau

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