Art, Culture

Conférence sur le livre à Saint-Joseph avec la participation d’Ahmet Ümit

Le 19 mars dernier, le lycée Saint-Joseph, qui a récemment commencé à utiliser des iPad dans un but éducatif, a réuni des spécialistes issus de différents domaines pour parler des livres électroniques. Avec la collaboration de Melike Taşçıoğlu, Can Öz et Çiğdem Çalkılıç Taylor, les orateurs ont efficacement informé sur les avantages et inconvénients de l’utilisation des livres électroniques. Lors de la deuxième session, l’auteur de romans policiers Ahmet Ümit a partagé ses souvenirs et expériences.

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Le lycée Saint-Joseph, dont les racines remontent à 1857, est l’un des écoles les plus anciennes d’Istanbul. Récemment, elle a toutefois changé son approche de l’apprentissage en y intégrant les nouvelles technologies. Pour en discuter, le chercheur Melike Taşçıoğlu, ainsi que Can Öz, le président des éditions Can, et la psychothérapeute Çiğdem Çalkılıç Taylor, ont raconté leurs expériences et ont livré leurs points de vue respectifs sur les livre électroniques.

Dans un premier temps, Taşçıoğlu nous a informés sur l’origine du mot “livre”, qui vient de l’arbre et plus particulièrement de l’hêtre, étant donné qu’il est facile de l’utiliser comme support d’écriture. Abordant le sujet des différentes utilisations artistiques du livre, Taşçıoğlu a donné l’exemple d’un livre que l’on doit faire cuire au four pendant 30 minutes afin d’être en mesure de le lire.

Puis la psychothérapeute Çiğdem Çalkılıç Taylor a pris la parole, et a évoqué ses recherches sur “la place du livre, du conte et du récit dans le développement psychologique humain”. En commençant par l’explication des différences entre le monde intérieur d’un enfant et le monde extérieur, Taylor a souligné l’importance de cette dichotomie. Pour elle, les produits de haute technologie peuvent faire du tort à la perception des enfants. Dans son monde intérieur, un enfant désire que tous ses volontés se réalisent tout de suite, alors que ce n’est pas possible dans la réalité. Or, l’utilisation des produits de haute technologie peut desservir les adolescents en exauçant tous leurs voeux dans la seconde.

Au terme de la première session, Can Öz, le président des éditions Can, nous a avisés sur son travail. Éditeur de l’une des plus grandes maison d’édition de Turquie, Öz a fait ressortir l’importance de maintenir sa position entre l’art et l’industrie. Il observe que dans les pays les moins avancés ou en voie de développement, la pression politique et le censeur jouent un rôle déterminant. Dans notre pays, a dit Öz, il est parfois difficile de diffuser la pensées à cause des enjeux politiques, c’est pourquoi les livres électroniques sont importants. Après avoir souligné cet avantage présenté pr les e-books, il a cité Umberto Eco : “Le livre, c’est une invention aussi indépassable que la roue, le marteau ou la cuillère”. C’est la raison pour laquelle Öz a déclaré ne pas craindre la disparition des livres papier face aux livres électroniques.

Dans la deuxième session, l’auteur de romans policiers Ahmet Ümit s’est à son tour exprimé. L’écrivain, qui a commencé à écrire dans la vingtaine, nous a confessé n’avoir jamais voulu écrire des policiers. Avec à son actif un passé activiste et politique, Ümit s’est d’abord essayé au poème et à la nouvelle, avant de se rendre compte qu’il écrivait des romans policiers bien plus naturellement. Citant Roland Barthes, Ümit a ensuite affirmé écrire comme il vivait. Il a également déclaré que ses romans étaient différents des autres policiers car ils parlent aussi d’Istanbul : “Le meurtre est ma ligne médiane, Istanbul est ma profondeur” a dit Ümit, qui donne de l’importance aux racines grecques, ottomanes ou encore païennes du pays. L’auteur, qui a conduit des recherches acharnées pour ses romans, affirme que le prix de l’écriture était de devenir ses personnages : quelquefois une petite fille, un meurtrier, une victime… À la fin de son intervention, Ümit a évoqué son personnage principal, l’inspecteur en chef Nevzat, et l’importance de l’humour et de l’’ironie dans ses livres. Selon lui, la bonne façon de voir la vie passe par le sens de l’humour.

Sırma Parman

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