Environnement, International

COP 21 : le temps presse !

Malgré les événements récents dans la capitale française et l’état d’urgence décrété par le gouvernement, la COP21 a débuté ce lundi 30 novembre à Paris, réunissant jusqu’au 11 décembre plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement pour tenter de préserver notre planète.

AFP

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La plus grande conférence diplomatique jamais réunie en France se tient dans une ambiance bien particulière, alors que le terrorisme a frappé récemment plusieurs des pays représentés et que la France est toujours en état d’urgence. Malgré tout, les 150 délégations sont bien arrivés dimanche soir, et la conférence a pu débuter comme prévu le lendemain. Le secrétaire général chargé de l’organisation, Pierre-Henri Guignard décrit un rendez-vous « hors normes, en raison de sa durée, de la gravité des enjeux, et du nombre très important de participants ».

Cette 21e Conférence annuelle, présidée par le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius, doit permettre de trouver un consensus global pour limiter le réchauffement climatique à 2°C maximum d’ici 2100.

Pour rappel, la Conférence est organisée chaque année dans une ville différente depuis 1995 (à Berlin) dans le but « d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone ». Un objectif presque unniversellement partagé sur le principe, mais au combien difficile à atteindre du fait des divergences sur le chemin à emprunter pour y parvenir.

Une organisation durable

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En tous les cas, l’organisation de la conférence se veut impeccable, et durable. Un véritable défi étant donné l’ampleur de la tâche : près de 50 000 participants, y compris 25 000 délégués officiels, sont attendus. L’Agence France Presse (AFP) révèle qu’une véritable ville éphémère a été installée au Bourget (Saint-Denis) pour l’occasion. « Sur 16 hectares vont s’installer une soixantaine de pavillons, des halls abritant des dizaines de salles, des restaurants, kiosques, stands, lounges avec canapés pour participants épuisés, un bureau de poste, une salle de presse ouverte jour et nuit pour 3 000 journalistes, une infirmerie […] Le site aura même ses “Champs Elysées”, une rue couverte traversante », le tout dans le respect de l’environnement.

Plastique, eau, émissions de gaz à effet de serre, gaspillage… Tout est pris en compte. Parmi les initiatives : des gourdes pour chaque participant à son arrivée, remplissables à des fontaines alimentées avec l’eau du robinet ; des titres de transport gratuits pour accéder à la conférence, et des voitures électriques mises à disposition sur place par Renault-Nissan ; une chaudière fournie par le groupe Engie devrait permettre de diviser par quatre les émissions de dioxyde d’azote ; et les 900 arbres abattus pour installer la ville éphémère seront ensuite replantés, détaille le site Planet.

Premier couac, l’arrivée sensationnelle de la délégation américaine, reflétant malheureusement la place des Etats-Unis dans le classement mondial des pays pollueurs (les deuxième, derrière la Chine et devant l’Inde). Barack Obama ainsi fait venir à Paris sa Cadillac blindée – « la bête », de son surnom (sept tonnes, des portières de 20 cm d’épaisseur et une consommation de 63 litres au 100 kilomètres selon RTL) – et sa jumelle « en cas de problème ». Les 14 tonnes de véhicules ont fait le voyage à bord d’un avion cargo de l’US Air Force spécialement pour la conférence, un modèle d’écologie… ou pas.

« Il faut accélérer le processus »

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New Dehl suffoquait sous un épais brouillard dû à la pollution lundi – Photo ANINDIT MUKHERJEE / REUTERS

Selon un rapport de l’ONG Oxfam, les 10% des habitants les plus riches de la planète génèrent la moitié des émissions de CO2 ; tandis que la moitié des habitants les plus pauvres ne sont responsables que de 10% de ces émissions. La conférence s’ouvrait alors que New Dehli et le nord de la Chine étouffaient sous énième épisode de pollution, et que le Brésil connaît la plus grande catastrophe écologique de son histoire depuis la rupture d’un barrage minier dans le sud-est du pays.

Trouver un accord contraignant et ne pas se contenter, comme lors des précédentes conférences, d’un accord a minima, c’est tout l’enjeu de cette réunion. Ouverte lundi par les interventions des plus de 150 chefs d’Etat, les négociations ont débuté mardi, mais avancent difficilement. Laurent Fabius adressait hier un message « clair » aux parties : « Il faut accélérer le processus parce qu’il nous reste beaucoup de travail. » Insistant sur l’« exigence de succès qui pèse sur nous », le président de la conférence a rappelé la deadline de samedi midi pour qu’un « projet d’accord » lui soit remis, avant que les ministres des divers pays prennent le relai des négociations lundi prochain. Le projet de texte actualisé, publié sur le site de la CCNUCC (Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques) hier matin, fait état des avancées réalisées pendant les premiers jours des négociations. Mais de nombreux points demeurent en suspens, comme le reflète la présence de près de 1 400 expressions entre crochets dans le texte, c’est-à-dire qui restent à préciser. La question du financement reste l’un des principaux points d’achoppement.

Symbole de son dévouement à la cause climatique, Paris a déjà annoncé, par la voix de sa maire Anne Hidalgo, sa participation au Fonds vert pour le Climat, à hauteur de un million d’euros. La première dotation versée par une ville, a-t-elle révélé, bien que le projet butte encore sur la question du financement. Le fonds mis en place par les Nations unies en 2010 vise à financer des programmes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation au changement climatique dans les pays en développement. L’un des engagements pris en 2009 à Copenhague par les pays riches était de mobiliser 100 milliards de dollars (88 milliards d’euros) par an d’ici 2020 en faveur de projets d’atténuation et d’adaptation aux effets du dérèglement climatique dans les pays les plus vulnérables.

Pour mieux comprendre à quoi sert la COP21.

Coralie Forget

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