Environnement, Politique

COP21 : les enjeux du sommet sur le climat

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France préside la 21ème conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Cet événement crucial doit aboutir au terme d’âpres négociations à un nouvel accord international sur le climat.

cop21paris

Trois semaines avant le début de la conférence, les représentants des 70 pays membres de la conférence sur le climat se sont rencontrés à Paris, lors de la « pré-cop ». Au terme de cette rencontre, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français, se disait optimiste pour la suite des négociations. Selon lui, les Etats se sont accordés sur « l’obligation absolue d’arriver à un succès ». Ce n’était pourtant pas si bien parti.

Les Etats avaient en effet jusqu’au premier octobre pour transmettre leur feuille de route, détaillant leurs objectifs et échéances concernant la réduction d’émissions de CO2. Or, seuls 148 Etats sur les 198 participants ont respecté cette échéance. De plus, les objectifs de certains ne semblent pas être à la hauteur des attentes des observateurs. Une liste des bons et des mauvais élèves n’a pas tardé à être publiée. Du coté des bons élèves figure le Brésil : le pays prévoit une baisse de 45% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici  2030, par rapport à 2005, et annonce vouloir tripler la part des énergies renouvelables sur cette même période. En revanche, sur le banc des mauvais élèves, on retrouve la Turquie, qui annonce baisser ses émissions de 15% d’aujourd’hui à 2030. La contribution turque a provoqué la stupeur chez les observateurs. Matthieu Orphelin, membre de la fondation Nicolas Hulot, estime que cela « revient à doubler ses émissions actuelles d’ici à 2030. […] On est loin d’un changement de trajectoire… Certains pays ne sont pas du tout à la hauteur, mais c’est particulièrement problématique pour la Turquie, qui a accueilli le G20 le 15 novembre, avant le lancement de la COP21, et qui est censée encourager les pays à plus d’ambition. »

De même, fin octobre dernier en Allemagne, dans la ville de Bonn, se déroulaient des négociations entre les délégations. Ces dernières devaient se mettre d’accord sur le texte qui sera présenté à Paris lors de la conférence. Or, le texte en question a provoqué le débat.  Selon le groupe des 77 et le groupe Afrique, le texte n’est pas fédérateur, « le texte ne peut pas être utilisé comme une base de négociation car il est déséquilibré et ne reflète pas les positions du groupe Afrique » et « ignore complètement les propositions du G77 sur les financements » déclaraient les représentants des deux groupes. L’éternel clivage Nord-Sud n’a pas manqué de se faire ressentir, les pays du Sud estimant que les pays du Nord devraient faire davantage d’efforts, notamment en termes financiers. En somme, les négociations à Bonn se sont déroulées dans un climat de nervosité : Ban Ki Moon, secrétaire générale à l’ONU s’est même dit inquiet pour la suite.

A Paris, les choses se sont passées différemment, heureusement. Les représentants ont trouvé un accord et la ligne de fracture Nord-Sud n’est pas réapparue.

La conférence sur le climat semble mobiliser l’ensemble de la société civile, qui habituellement n’a pas sa place dans le débat. La jeunesse du monde entier souhaite se faire entendre. Alix Mazounie, membre du Réseau Action Climat explique : «  Il s’agit de la génération qui sera au pouvoir dans quelques années. De celle qui vivra bien plus les impacts du changement climatique que nos élus vieillissants. » Des initiatives sont entreprises un peu partout en France pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. Ainsi par exemple, du 26 au 28  novembre à Villepinte en banlieue parisienne s’est tenue la « COY 11 », la conférence sur le climat consacrée à la jeunesse. Plus de 5 000 jeunes venus du monde entier, âgés de 15 à 25 ans, ont participé à ce sommet. Delphine Grinberg, auteure de livres scientifiques pour enfants, a lancé cet été le projet « Les enfants ont quelque chose à vous dire », qui offre l’opportunité à des jeunes de 6 à 21 ans d’interpeller par le biais de lettres l’un des 195 leaders présents à Paris lors de la COP21.

Elle explique : « Les dirigeants parlent sans cesse des générations futures. Prenons-les aux mots pour qu’ils la considèrent vraiment. »  Plus de 300 lettres ont été reçues, venues de France, de Russie, du Mexique, d’Israël, du Maroc et de Suède. Romane, 16 ans, parle de ses craintes quant à un potentiel accord. Elle écrit : « Je crains un énième échec de tous ces congrès. Le problème, c’est que les conséquences de cet échec, c’est nous, nos enfants et nos petits-enfants qui les vivrons. Battez-vous ! Faites ce geste pour nous. Trouvez des accords et des objectifs réalisables pour une fois. Notre avenir est entre vos mains. »

Kheira Djouhri

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *