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Le coréen et le farsi bientôt dans les lycées turcs

Le farsi et le coréen seront enseignés en option dans les lycées turcs dès 2019, selon un nouveau règlement publié le 23 janvier. Les programmes pour les cours de coréen et de farsi, préparés avec des fonctionnaires sud-coréens et iraniens (tout comme le matériel didactique), ont été acceptés par le Conseil supérieur de l’éducation et de la morale du ministère turc de l’Éducation nationale.

Selon le règlement, l’enseignement de ces langues sera proposé aux élèves des lycées privés et publics sous le format de deux à quatre heures de cours par semaine.

Afin de pourvoir les postes d’enseignants du secondaire qui s’ouvriront à cet effet, les diplômés universitaires des départements de langue et de littérature coréenne ou farsi devront obtenir leur certification pédagogique.

Selon le règlement, ajouter le farsi en tant que deuxième langue étrangère est important, car la langue peut « être utilisée dans tous les environnements de communication », mais aussi, car cela contribue au processus d’apprentissage et à l’ouverture d’esprit des étudiants. Le ministère de l’Éducation a souligné que, l’Iran étant l’un des voisins les plus importants de Turquie, cette langue « est très importante pour les échanges culturels », avant d’ajouter que « notre langue [turque] a emprunté beaucoup de mots au farsi. Il y a aussi un groupe turc vivant en Iran. Ils parlent notre langue ainsi que le farsi ». Par ailleurs, notons que l’Iran et la Turquie désirent développer leurs relations économiques au point, selon le quotidien Les Échos, de vouloir tripler le volume de leurs échanges bilatéraux pour les porter à quelque 30 milliards de dollars en 2018 contre environ 10 milliards en 2016.

Quant au coréen, le ministère a expliqué que le projet était dans les cartons depuis 2002 : « Après la Coupe du Monde de 2002, l’enseignement du coréen en Turquie a été inscrit sur l’agenda de la Corée. Cela a contribué à développer nos relations ». Le ministère a aussi souligné l’importance des relations commerciales avec la Corée du Sud pour justifier cette décision : « La Corée est un pays qui s’est développé économiquement ces dernières années. Sa valeur ajoutée est très élevée. Le pays a commencé à se démarquer dans le monde. Depuis plusieurs années, nous échangeons des technologies. Nous essayons de prendre place dans la catégorie des pays à haute valeur ajoutée ». D’ailleurs, en mars dernier, à l’occasion de la visite en Turquie du ministre sud-coréen du Territoire, des Infrastructures et des Transports, Ho-In Kang, celui-ci avait exprimé sa volonté de renforcer les liens économiques entre son pays et la Turquie, faisant échos aux propos de l’ambassadeur sud-coréen à Ankara, Cho Yun-soo, en janvier 2017.

Ainsi, l’apprentissage de ces langues orientales devrait concourir au développement des relations culturelles, commerciales et politiques avec la Corée du Sud et l’Iran.

En outre, alors que la langue coréenne compte 82,5 millions de locuteurs et que la Corée du Sud est un pays où l’on retrouve de nombreux sièges de multinationales (Samsung, LG, etc.), l’apprentissage de cette langue « exotique » est un véritable atout pour la future carrière professionnelle des étudiants. Force est de constater qu’il en est de même pour le farsi. En effet, avoir inscrit sur son CV que l’on maitrise le persan moderne alors que l’Iran représente un marché gigantesque de 80 millions de personnes qui s’ouvre actuellement sur le monde est un élément important qui permettra aux étudiants de se démarquer.

Camille Saulas

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