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Corruption : France & Turquie en régression

Hier, mercredi 3 décembre, étaient rendus public les résultats du 20e classement de l’organisation Transparency International. Attribuant un rang comparatif sur une échelle de 0, représentant la corruption fortement présente, à 100, l’honnêteté quasi-totale, l’édition 2014 du classement aura vu participer 175 pays au total.
corruption TurquieChaque année, cette ONG dévoile son classement créé à partir d’un indicateur de corruption appelé IPC (Indice de perception de la corruption). Il évalue grâce à un ensemble de sondages et d’évaluations, réalisés par des institutions indépendantes spécialisées dans l’analyse de la gouvernance ou des milieux d’affaires, le niveau de corruption d’un pays participant. Évidemment, l’impossibilité de mesurer la corruption en tant que fait apparent, puisqu’elle est de nature opaque, conduit l’IPC à ne pouvoir noter les nations et les ordonner en rang qu’à partir du degré de corruption dans le secteur public tel qu’il est perçu, ressenti. Une nuance non négligeable…

C’est donc les pays qui ont le plus de transparence dans leur administration, généralement à croissance stable, qui sont situé dans les premiers rangs et à l’inverse, les pays où les pots-de-vin sont « monnaie courante », généralement à croissance faible, qui sont situé dans le bas du classement. « L’indice de perception de la corruption 2014 montre que les abus de pouvoir des responsables politiques et des hauts fonctionnaires entravent la croissance économique et les efforts de lutte contre la corruption », affirme José Ugaz, le président de Transparency International.

La France 26ème, la Turquie 64ème

Sans surprise, ce sont les pays « nordiques » qui trustent les premières places avec un Danemark en pôle position tandis que la Finlande, la Suède et Norvège sont respectivement 3ème, 4ème et 5ème. La Nouvelle-Zélande, toujours un excellent élève en la matière, occupe quant à elle la deuxième place. Cependant, les pays dits « avancées »  ne sont pas forcément tous à féliciter, loin s’en faut. Le cas de la France par exemple, en léger recul et qui pointe désormais au 26ème rang, à égalité avec l’Estonie et le Qatar. Et pour cause, puisque de Cahuzac à Bygmalion en passant par les affaires Guérini et Takieddine les dossiers sulfureux ne manquent pas. Selon des études de l’OCDE, ces corruptions élitistes seraient amoindries par le recours à des solutions judiciaires qui prendraient de plus en plus de temps pour traiter ce genre de cas. Ce n’est donc pas à la lumière d’une logique de niveau économique que la corruption se juge, bien au contraire. En effet, c’est plus des deux tiers des participants qui se situent sous la moyenne, c’est-à-dire en dessous de la note de 50.

Pour sa part, la Turquie, enregistrant une perte de 11 places soit la deuxième plus grosse chute de cet exercice, échoue dorénavant en 64ème position. Dans le cas du gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan, ce sont surtout les abus des hauts dirigeants et fonctionnaires d’entreprises, en plus du retentissant et très médiatisé scandale de décembre 2013 qui avait poussé trois ministres à la démission, qui ont laissé leurs traces. Heureusement pour la Turquie, elle reste mieux classée que des pays européens tels que la Grèce, la Bulgarie ou l’Italie, et, en matière de chute, en perdant vingt places la République populaire de Chine fait encore pire. Une bien maigre consolation.

Camille Pourgeux

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